Le «World Inequality Report 2026» (Rapport sur les inégalités mondiales) dresse un constat pour l’Afrique subsaharienne, région la plus pauvre au monde en termes de revenus moyens, inférieurs à 3 500 € en 2025. Le rapport pointe un "double fardeau", une faiblesse structurelle du revenu par habitant couplée à des inégalités internes extrêmes. Si le continent a connu sa période la plus prospère depuis 2000 avec une croissance annuelle de 1,8 %, «cette dynamique reste marquée par une forte volatilité», note le rapport. Alors que le ratio de revenus par habitant avec l'Europe est de 1 pour 10, l'écart de dépenses publiques par élève est de 1 pour 35 dans la région. «En 2025, le budget éducatif par enfant s'élevait à environ 220 euros en Afrique subsaharienne, contre plus de 7 400 euros en Europe».
Un déséquilibre financier structurel
Le continent ne capte que 2 % de la richesse mondiale. Plus préoccupant, le rapport dénonce un mécanisme de transfert financier « Nord-Sud » à contre-courant. « Chaque année, les pays africains transfèrent aux nations plus riches plus de 1 % du PIB mondial via le service de la dette et le rapatriement de profits, soit un volume trois fois supérieur à l'aide publique au développement qu'ils reçoivent », note le rapport. Sur le plan du travail, la part de revenus captée par les femmes (28 %) se situe dans une moyenne médiane par rapport aux autres régions du monde. Face à ces défis, le rapport souligne que la redistribution locale repose davantage sur les transferts liés aux soins de santé que sur les dispositifs d'assistance sociale classiques, tels qu'on les observe en Occident.
Réformer le système mondial : les pistes du rapport 2026
Face aux écarts qui se creusent entre le Nord et le Sud, le rapport préconise des changements structurels. Les experts plaident pour l'instauration d'un impôt minimum mondial sur les très grandes fortunes. L'objectif est de capter des ressources pour financer les services publics (éducation, santé) et d'enrayer l'évasion fiscale des plus hauts patrimoines. Le document appelle à une restructuration systématique de la dette des pays les plus pauvres. Il souligne l'urgence de limiter le rapatriement massif des profits par les multinationales, afin de stopper l'hémorragie de capitaux qui, actuellement, dépasse le montant global de l'aide au développement. Le rapport propose de taxer l'impact carbone des investissements privés. Cette mesure vise à responsabiliser les détenteurs de capitaux quant aux émissions générées par leurs actifs, réorientant ainsi les flux financiers vers des modèles durables. Enfin, les auteurs insistent sur l'augmentation radicale des dépenses publiques d'éducation et de santé, jugée indispensable pour briser le déterminisme social et réduire les inégalités d'opportunités à l'échelle mondiale.
Un déséquilibre financier structurel
Le continent ne capte que 2 % de la richesse mondiale. Plus préoccupant, le rapport dénonce un mécanisme de transfert financier « Nord-Sud » à contre-courant. « Chaque année, les pays africains transfèrent aux nations plus riches plus de 1 % du PIB mondial via le service de la dette et le rapatriement de profits, soit un volume trois fois supérieur à l'aide publique au développement qu'ils reçoivent », note le rapport. Sur le plan du travail, la part de revenus captée par les femmes (28 %) se situe dans une moyenne médiane par rapport aux autres régions du monde. Face à ces défis, le rapport souligne que la redistribution locale repose davantage sur les transferts liés aux soins de santé que sur les dispositifs d'assistance sociale classiques, tels qu'on les observe en Occident.
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