La capitale sénégalaise a accueilli ce vendredi une rencontre régionale d’envergure consacrée aux défis de paix, de justice et de droits humains dans l’espace sahélien. Experts, chercheurs et acteurs engagés ont échangé autour de pistes d’actions concrètes pour sortir de l’impasse sécuritaire qui secoue la région depuis plus d’une décennie.
À l’initiative du think tank WATHI, les échanges ont mis en lumière l’urgence de repenser les réponses à la crise sécuritaire, en plaçant les victimes, la justice et la cohésion sociale au cœur des solutions durables.
Prenant la parole, l’historienne et universitaire Penda Mbow a livré une analyse approfondie des causes de l’instabilité au Sahel. Selon elle, les racines de la crise sont anciennes et tiennent avant tout à un manque de transformations sociales profondes.
« Toutes les causes sont valables pour expliquer ce qui se passe dans la région du Sahel, mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est que sur la longue durée, les transformations nécessaires n’ont pas été opérées », a-t-elle déclaré.
Elle pointe également l’influence des intérêts extérieurs, l’instrumentalisation des identités ethniques, la pression démographique croissante ainsi que la mauvaise répartition des ressources. Les tensions entre agriculteurs et éleveurs, aggravées par la raréfaction des espaces, constituent aussi, selon elle, un facteur clé d’instabilité.
Face à cette situation, Penda Mbow appelle à une mobilisation des élites politiques, intellectuelles et religieuses pour définir un nouveau contrat social. « Sans cela, nous ne sortirons pas de cette crise », a-t-elle averti.
Réformes politiques et constitutionnelles au cœur des solutions
L’universitaire a également insisté sur la nécessité de consolider les acquis démocratiques, notamment au Sénégal. Elle a rappelé que les alternances politiques ont été possibles grâce au respect des textes constitutionnels, plaidant pour leur stabilité et leur appropriation par tous.
Toutefois, elle s’inquiète de la situation actuelle marquée par un exécutif bicéphale. « On ne peut pas laisser perdurer un État avec deux têtes », a-t-elle affirmé, appelant à des réformes institutionnelles claires pour rééquilibrer les pouvoirs ou évoluer vers un régime parlementaire.
Pour elle, seule une transformation sociale profonde permettra d’ancrer durablement les institutions : « Tant que nos sociétés n’évoluent pas, il sera difficile de stabiliser nos constitutions ».
Revenant sur l’histoire sénégalaise, Penda Mbow a évoqué la révolution torodo de 1776 menée par Thierno Souleymane Baal, soulignant l’importance des luttes sociales dans la construction politique.
Elle a plaidé pour une citoyenneté égalitaire, participative et inclusive, capable de répondre aux aspirations d’une jeunesse de plus en plus exigeante. Malgré les avancées enregistrées au Sénégal, elle estime que des efforts restent nécessaires pour garantir davantage de justice sociale et d’inclusion.
Droits humains, une dégradation préoccupante
De son côté, le chercheur nigérien Badié Hima, directeur de recherche à l’Association MAT basée à Niamey, a présenté une cartographie préoccupante des violations des droits humains entre 2012 et 2022.
Selon lui, la crise sécuritaire a engendré des violations graves et parfois massives dans toute la région, dépassant le Sahel central pour toucher l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, y compris des pays comme le Bénin et le Togo.
Il insiste toutefois sur le fait que cette crise n’est pas spontanée, mais le résultat de fragilités politiques, institutionnelles, économiques et environnementales anciennes. « Un État fragile ne peut pas garantir la sécurité humaine de ses populations », a-t-il rappelé.
Pour Badié Hima, les réponses militaires, bien que nécessaires, restent insuffisantes. Il appelle à les compléter par des politiques de justice, de réconciliation, d’indemnisation des victimes et surtout par des réformes institutionnelles profondes.
Il a également souligné le rôle central des citoyens dans la consolidation démocratique. L’exemple du Sénégal, où la mobilisation citoyenne a permis d’éviter une crise politique majeure, illustre selon lui l’importance de l’implication populaire dans les processus constitutionnels.
Enfin, il a critiqué les constitutions « copier-coller » adoptées dans certains pays, plaidant pour des processus inclusifs permettant aux citoyens de s’approprier pleinement les textes fondamentaux. « Il faut qu'on refonde nos pays parce que nous avons eu des constitutions copier-coller », dit-il.
Au terme des échanges, un constat s’impose : la sortie de crise au Sahel passe par une refondation en profondeur des États et des sociétés. Entre réformes politiques, justice sociale, inclusion citoyenne et respect des droits humains, les défis restent immenses.
Mais pour les participants, une chose est certaine : sans une transformation structurelle et un engagement collectif, aucune solution durable ne pourra émerger dans la région.
À l’initiative du think tank WATHI, les échanges ont mis en lumière l’urgence de repenser les réponses à la crise sécuritaire, en plaçant les victimes, la justice et la cohésion sociale au cœur des solutions durables.
Prenant la parole, l’historienne et universitaire Penda Mbow a livré une analyse approfondie des causes de l’instabilité au Sahel. Selon elle, les racines de la crise sont anciennes et tiennent avant tout à un manque de transformations sociales profondes.
« Toutes les causes sont valables pour expliquer ce qui se passe dans la région du Sahel, mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est que sur la longue durée, les transformations nécessaires n’ont pas été opérées », a-t-elle déclaré.
Elle pointe également l’influence des intérêts extérieurs, l’instrumentalisation des identités ethniques, la pression démographique croissante ainsi que la mauvaise répartition des ressources. Les tensions entre agriculteurs et éleveurs, aggravées par la raréfaction des espaces, constituent aussi, selon elle, un facteur clé d’instabilité.
Face à cette situation, Penda Mbow appelle à une mobilisation des élites politiques, intellectuelles et religieuses pour définir un nouveau contrat social. « Sans cela, nous ne sortirons pas de cette crise », a-t-elle averti.
Réformes politiques et constitutionnelles au cœur des solutions
L’universitaire a également insisté sur la nécessité de consolider les acquis démocratiques, notamment au Sénégal. Elle a rappelé que les alternances politiques ont été possibles grâce au respect des textes constitutionnels, plaidant pour leur stabilité et leur appropriation par tous.
Toutefois, elle s’inquiète de la situation actuelle marquée par un exécutif bicéphale. « On ne peut pas laisser perdurer un État avec deux têtes », a-t-elle affirmé, appelant à des réformes institutionnelles claires pour rééquilibrer les pouvoirs ou évoluer vers un régime parlementaire.
Pour elle, seule une transformation sociale profonde permettra d’ancrer durablement les institutions : « Tant que nos sociétés n’évoluent pas, il sera difficile de stabiliser nos constitutions ».
Revenant sur l’histoire sénégalaise, Penda Mbow a évoqué la révolution torodo de 1776 menée par Thierno Souleymane Baal, soulignant l’importance des luttes sociales dans la construction politique.
Elle a plaidé pour une citoyenneté égalitaire, participative et inclusive, capable de répondre aux aspirations d’une jeunesse de plus en plus exigeante. Malgré les avancées enregistrées au Sénégal, elle estime que des efforts restent nécessaires pour garantir davantage de justice sociale et d’inclusion.
Droits humains, une dégradation préoccupante
De son côté, le chercheur nigérien Badié Hima, directeur de recherche à l’Association MAT basée à Niamey, a présenté une cartographie préoccupante des violations des droits humains entre 2012 et 2022.
Selon lui, la crise sécuritaire a engendré des violations graves et parfois massives dans toute la région, dépassant le Sahel central pour toucher l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, y compris des pays comme le Bénin et le Togo.
Il insiste toutefois sur le fait que cette crise n’est pas spontanée, mais le résultat de fragilités politiques, institutionnelles, économiques et environnementales anciennes. « Un État fragile ne peut pas garantir la sécurité humaine de ses populations », a-t-il rappelé.
Pour Badié Hima, les réponses militaires, bien que nécessaires, restent insuffisantes. Il appelle à les compléter par des politiques de justice, de réconciliation, d’indemnisation des victimes et surtout par des réformes institutionnelles profondes.
Il a également souligné le rôle central des citoyens dans la consolidation démocratique. L’exemple du Sénégal, où la mobilisation citoyenne a permis d’éviter une crise politique majeure, illustre selon lui l’importance de l’implication populaire dans les processus constitutionnels.
Enfin, il a critiqué les constitutions « copier-coller » adoptées dans certains pays, plaidant pour des processus inclusifs permettant aux citoyens de s’approprier pleinement les textes fondamentaux. « Il faut qu'on refonde nos pays parce que nous avons eu des constitutions copier-coller », dit-il.
Au terme des échanges, un constat s’impose : la sortie de crise au Sahel passe par une refondation en profondeur des États et des sociétés. Entre réformes politiques, justice sociale, inclusion citoyenne et respect des droits humains, les défis restent immenses.
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