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La démocratie sénégalaise, de champion à champignon (LIBRE OPINION )



La démocratie sénégalaise, de champion à champignon (LIBRE OPINION )
Abdou Latif Coulibaly, éminent journaliste –écrivain avait publié au cours du magistère de maître Abdoulaye Wade, un brûlot qu’il intitula «Une démocratie piégée». Curieux, je le suis aujourd’hui pour savoir comment il allait traduire la situation actuelle de la démocratie et de l’Etat de droit au Sénégal et qui est imposée par son mentor, ce «président de trop», pour emprunter à un autre grand journaliste Edwy Plenel, le titre de son ouvrage éponyme sur le Sarkozysme.

En effet, depuis l’avènement du Président Macky Sall à la magistrature suprême, le système démocratique sénégalais est comme dépouillé de son essence et transformé en un zombie informe, semblable à un géant aux pieds d’argile. Emprisonnement à foison, instauration du parrainage, réduction de l’opposition à sa plus simple expression, acharnement sur des adversaires politiques, suppression du poste de Premier ministre qui  plaça la République entre les seules mains de son Président avec une gestion tatillonne qui relève d’un ponce –pilatisme  inouï…,  j’en passe tellement les exactions sont nombreuses et risqueraient de remplir un livre tout entier, 
Ainsi, l’entreprise de musellement de l’opposition sénégalaise depuis la fameuse annonce d’une volonté de la réduire à sa plus simple expression, ne recule d’un iota. Karim Wade et Khalifa Sall passés à la guillotine, il fallait se retourner vers celui qui refuse encore de courber l’échine, encore moins de s’incliner. 

Là, le cynisme est poussé à l’extrême avec une volonté de dissoudre son parti qui aujourd’hui est quasiment étêté. Des responsables et pas des moindres croupissent en prison (Abass Fall et Birame Souley Diop), d’autres ont le glaive de la justice suspendu au-dessus de la tête car étant sous contrôle judiciaire (Dahirou Thiam et compagnie) en attendant le coup de grâce (suivez mon regard). Mais quoi qu’il advienne la flamme sera maintenue. Cet idéal qui sous-tend le PASTEF, sera comme la flamme olympique qui scintille depuis la Grèce antique ; à l’image de Ousmane Sonko qui droit dans ses bottes,  tient tête à Macky Sall dans sa volonté de monarchiser le régime  présidentiel, où nul n’aurait droit de parole s’il n’est un allié, un rallié, un affidé, un soumis ou un traitre qui aurait ravalé toutes ses vomissures. Ce qui fera que les idéaux se dissoudront dans les ambitions pour faire de la place à Mbouro ak Soow.

Cette posture qui fait que le Sénégal de sa position de vitrine de la  démocratie ou même champion de la démocratie (les qualificatifs ne manquaient pas, il y a moins de deux décennies) en Afrique, se retrouve aujourd’hui au rang des nations hybrides, naviguant allégrement entre la dictature et la liberté d’expression, car le mot démocratie risque d’être un peu trop fort. 

Pourtant, notre démocratie est loin d’être «fille des temps modernes». Bien au contraire, elle est «l’enfant légitime de nos traditions sublimées dans des luttes historiques», menées par de vaillants fils de ce pays, issus des landerneaux politique, Abdoulaye Wade, Mamadou Dia, Amath Dansokho, Abdoulaye Bathily… ; syndical, Iba Ndiaye Diadji,  Mamadou Diop Castro et du mouvement estudiantin ; bref de toutes les forces vives de la nation. 

Mais cette œuvre de tant de jours, risque de disparaître en un coup de vent, du fait des agissements d’une classe politique égoïste, complôtiste, dont le seul dessein est de se maintenir au pouvoir par tous les coups et à tous les coups et pour tous les coûts.
 On se rend alors aisément compte qu’«ici-bas, l’injustice humaine est et restera toujours insatiable». Les affaires  du pétrole  ensevelies  car étant passées par le blanchissage, de même que celles des 94 milliards, entre autres scandales..., il est temps de faire taire celui dont l’ambition qu’il nourrit pour son pays, l’oblige à mettre le doigt sur les prévarications. Faut –il alors rappeler aux tenants du pouvoir que tout dans ce bas monde est éphémère et que demain tout le monde sera conjugué au passé simple ? Seuls les actions et les actes survivront pour la postérité. Faut-il leur rappeler qu’il est facile de mettre fin aux jours d’un individu sans défense, mais le plus difficile est de laisser prospérer, ce qui en fait un art royal. 

Espérons tout simplement que cette sulfureuse affaire d’accusation de viol contre le leader de PASTEF  ne finira pas par faire porter à certains, le bonnet du roi Midas.   

                                                                                        Souleymane KANE 
                                                                                       Membre du MONCAP 

Aminata Diouf

Vendredi 26 Février 2021 - 16:44


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