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Législatives au Cameroun: opération «villes mortes» dans les régions anglophones



Dans les régions anglophones du Cameroun, les séparatistes ont décrété une opération « villes mortes » à trois jours des élections législatives et municipales.

Le Cameroun organise le 9 février des élections législatives et municipales. Dans les régions anglophones de l'Ouest, les séparatistes ont décrété une opération « villes mortes » à partir du 6 février et menacent de représailles les habitants qui ne resteront pas confinés chez eux. De quoi empêcher un processus électoral de toute façon chaotique tout au long de la campagne dans cette partie du pays.

« L’État est dans son droit d’organiser les élections, mais je doute fort de la façon dont elles vont se dérouler, déclare Ayah Abine, président d'une organisation caritative sur place. Ceux qui font campagne, la plupart font des élections sans aller dans les zones où ils sont en train de demander à ce que les électeurs votent pour eux. Et ils font campagne à Yaoundé. Ceux qui le feront font campagne sans que la population soit là, accompagnée par des soldats sans qu’il y ait de potentiels électeurs. Mais là, je sens le désert. On attend de voir comment ça va se passer au cours de la journée du 9 février. C’est vrai que l’État a déployé environ 750 soldats ici pour s’assurer à ce que les élections se passent en toute sérénité. Mais que va-t-il se passer après le vote ? C’est toujours là où ça fait très mal ».

« Situation sécuritaire sous contrôle »

Du côté des autorités camerounaises, on assure que toutes les mesures ont été prises pour sécuriser ce scrutin, y compris dans les zones anglophones, où d'importants renforts militaires ont été déployés ces dernières semaines. Pour le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, cet appel à une opération « villes mortes » ne devrait pas entraver le scrutin.

« Je peux vous dire que c’est du bluff, vous avez ces informations sur des réseaux sociaux, assure-t-il. La situation sécuritaire du Cameroun est sous contrôle, elle est quand même en train de se déployer sur le terrain. Il peut y avoir des poches de résistance. De temps en temps, nous pouvons enregistrer des actes isolés, mais qui ne sont pas de nature à perturber l’ordre public, parce que des mesures sérieuses ont été prises. Et les mesures sécuritaires ont été même renforcées en fonction des menaces. Et les populations rejettent en bloc maintenant cette insurrection. Les Camerounais iront voter, les élections vont se dérouler dans le calme, la sérénité. Le gouvernement sur la très haute impulsion du chef de l’État, qui est le chef des armées, a donné des instructions pour l’encadrement du processus électoral ».

Rfi

Jeudi 6 Février 2020 - 18:02


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