Libye: Tawarga, le retour interdit, sept ans après

Le retour des 40 000 habitants de la ville libyenne de Tawarga était prévu ce 1er février, conformément à l'accord, mais ils en ont été empêchés par leurs voisins de Misrata. En 2011, les résidents de Tawarga étaient en faveur de Khadafi, les hommes de cette ville ont combattu aux côtés de ses forces. A l'inverse, les gens de Misrata ont combattu le guide libyen. En représailles, les gens de Misrata les ont chassés et brûlent leur ville. Il y a deux mois, un accord a été signé, mais les milices de Misrata s'opposent toujours au retour des populations de Tawarga.


En convois, par milliers, ils affluaient jeudi matin, de l'est, de l'ouest et du sud du pays. Quittant leurs camps, les gens de Tawarga se dirigeaient vers leur ville détruite, emplis d'espoir de pouvoir s'y réinstaller quand les milices de Misrata leur ont barré les routes et brûlé les quelques bâtiments préparés pour les accueillir.
 
En dépit de l'accord, la mairie de Misrata a brusquement changé d'avis. Elle a ignoré le texte qui stipulait que le 1er février serait la date de ce retour, et adressé une lettre au gouvernement, le jour J, demandant à décaler cette date.
 
Abdel Mawla Adouma, le maire de Tawarga, met en cause le gouvernement d'union nationale. « Ce sont les forces chargées de nous accompagner et de couvrir notre retour qui nous ont empêchés d'avancer », a-t-il affirmé.
 
Le gouvernement de Tripoli censé faire appliquer l'accord et organiser ce retour se soumet au pouvoir des milices. Le cabinet de Fayez al-Sarraj subit là un nouvel échec et semble incapable de réagir, sauf pour lancer un appel à la raison aux partis.
 
L'accord avait était entériné par les maires de Misrata et de Tawarga sous la bénédiction du gouvernement de Fayez al-Sarraj et de la mission de l'ONU en Libye. Mais entre-temps, le maire signataire Mohamed Chtiwi a été assassiné dans Misrata. Certains croient que l'accord sur Tawarga est l'une des raisons qui ont poussé à ce crime, dans le but d'empêcher ce retour.
 
Le gouvernement d'union nationale avait monnayé cette réconciliation avec les milices de Misrata. Des sources dans cette même ville indiquent aujourd'hui que les sommes allouées aux milices n'étaient pas suffisantes et qu'elles réclament plus d'argent pour que l'affaire soit réellement conclue.