« Il n'y a pas d'âge », explique Sulaïma Ishaq al Khalifa. Les viols peuvent viser des femmes âgées comme des enfants, et être commis « en présence de la famille », selon la ministre soudanaise aux Affaires sociales. Cette psychologue, militante contre les violences faites aux femmes, a récemment rejoint le gouvernement pro-armée.
Selon les données du ministère, plus de 1 800 viols ont été recensés depuis le début de la guerre, au Soudan, en avril 2023. Des chiffres qui n'incluent pas les atrocités commises au Darfour et au Kordofan à partir de fin octobre 2025. L'objectif, selon la ministre est d'humilier, de forcer les gens à quitter leur maison et de briser le tissu social. Des viols de masse ont été documentés. Des victimes transformées en esclaves sexuelles, d'autres vendues par des réseaux de trafic.
Une libération de la parole difficile
Les violences sexuelles existent dans les deux camps, précise-t-elle encore, mais elle les décrit comme « systématiques » et utilisées comme une arme de guerre par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) opposés à l'armée dans ce conflit.
L'une des difficultés, reconnait-elle, est de libérer la parole des victimes. Certaines familles préfèrent marier leurs filles de force pour cacher ce qui s'est passé.
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