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Locales 2022: Macky paie la "non-structuration" de son parti et ses déclarations "maladroites" (analyste politique)

A six (6) mois de l’organisation des élections locales, la coalition au pouvoir, Benno Bokk Yakaar (BBY) se distingue par des querelles internes, alors que les principaux partis de l’opposition comme Parti démocratique sénégalais, le Grand Parti, Pastef, entre autres, ont réussi à être d’accord sur le principe d’une liste unique. L’appel du Président Macky Sall qui consiste à demander à ses collaborateurs de ne pas aller aux joutes électorales en rang dispersés ne semble pas être entendu. Son ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Niane, a réitéré sa candidature à la mairie de Saint-Louis, un siège occupé par le beau-frère du chef de l’Etat, Mansour Faye. Et ce n’est pas fini. Un autre beau-frère de Macky Sall, Adama Faye, responsable politique à Grand Yoff, compte se présenter ou présenter une liste parallèle à la mairie de cette commune, qu’il pleuve ou qu’il neige. Aux yeux du journaliste politique, Momar Diongue, le Président Macky Sall est en train de payer la non-structuration de son parti et des erreurs commises lors de ses prises de paroles. Décryptage !



Locales 2022: Macky paie la "non-structuration" de son parti et ses déclarations "maladroites" (analyste politique)
Lors des élections locales de 2014, le Président Macky Sall avait promis de virer de leurs postes, tous les responsables politiques qui ne gagnent pas dans leurs localités respectives. Sept (7) ans après, il a demandé aux membres de sa coalition d'être à son écoute et d'éviter d'avoir la tentation de présenter des listes parallèles. Ces différentes sorties du leader de l’Alliance pour la République (Apr, parti au pouvoir) sont considérées par Momar Diongue, analyste politique, comme des erreurs commises par Macky Sall qui « semble avoir des difficultés à appréhender les élections locales ».

« Il faut commencer par souligner que le Président Macky Sall semble avoir des difficultés à appréhender les élections locales. Il est beaucoup plus à l'aise quand il s'agit d'élections générales, comme les législatives ou la présidentielle. On se rend compte que lors des premières élections locales de son magistère en 2014, il s'était signalé par cette sortie maladroite qui avait consistait à l'époque à dire à tous les responsables de son parti: "si vous ne gagnez pas dans vos localités, vous allez perdre vos postes de responsabilité dans le gouvernement ou dans les directions que je vous ai confiées". C'était une sortie très maladroite », a d’emblée expliqué Momar Diongue. 

Poursuivant, l’analyste politique a rappelé qu’ « aujourd'hui, Macky Sall vient de se signaler par une sortie toute aussi maladroite, car étant contre-productive. Le Président a demandé à ses responsables "d'être à son écoute et d'éviter d'avoir la tentation de présenter des listes parallèles". Mais, dit-il, depuis qu'il l'a dit, « les déclarations de candidatures se multiplient et l'objectif qui était visés à travers sa déclaration est complètement raté ».
Macky Sall va devoir payer la non-structuration à l'horizontale de son parti
A en croire notre interlocuteur, tout cela est lié tout simplement à ce que qu’il considère comme une « tarte congénitale » de l'Apr. « Le parti a une structuration verticale. Le président, le responsable des femmes et le responsable des jeunes. Mais pas une structuration horizontale à la base. On a toujours remarqué et dit qu'au sein du parti Apr, on ne connait pas au niveau des localités qui fait quoi et qui représente quoi. Il n'y a pas un leadership au niveau local ».

Selon M. Diongue, « quand on va vers des élections locales, cela se fait ressentir. Le président, avec les élections locales va devoir payer la non-structuration à l'horizontale de son parti, mais il se trouve qu'il y a les alliés, parce qu'on est dans le cadre d'une grande alliance qui s'appelle Benno Bokk Yakaar. S'il y a des convoitises au sein de son propre parti et qui sont renforcés par le fait qu'il n'y a pas de leadership local, ajouté au compagnonnage avec les alliés qui ont des ambitions, ça rend très compliqué l'abordage des élections locales. Et donc, le président ne peut pas empêcher, en réalité parce qu'il est impuissant, l'existence de listes parallèles en direction des élections locales ». 

les cas de Adama Faye et Mary Teuw Niane

L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Niane et Adama Faye, responsable politique à Grand Yoff et beau-frère du chef de l’Etat se sont distingués ces jours, à travers des sorties médiatiques concernant les élections locales. Ces deux membres de la coalition au pouvoir ne semblent pas respecter les lignes directrices édictées par leur patron:  « d'être à son écoute et d'éviter d'avoir la tentation de présenter des listes parallèles ».

« Adama Faye et Mary Teuw Niane, ils ne sont pas d'ailleurs les seuls. Il y a beaucoup d'autres qui ont exprimé leurs ambitions, parce qu’ils considèrent que c'est au niveau local que ça se joue. Et que le président n'a pas à d'interférer jusqu'à designer des candidatures. Quelqu'un comme Adama Faye est un peu coutumier des faits parce qu'il avait pris une position qui était aux antipodes de la position officielle dans l'affaire Ousmane Sonko (principal opposant à Macky Sall accusé de viols et de menaces de mort). Il avait crié au complot comme toute l'opposition quasiment. Ça veut dire que lui, il prend une certaine liberté par rapport à sa prise de parole à ses positions », a dit M. Diongue. 

Pour quelqu'un comme Mary Teuw Niane, « ça peut se comprendre », dira l’analyste. Qui poursuit : « Mary Teuw Niane a été évincé du gouvernement, parce que tout simplement le Président voulait tracer un boulevard pour Mansour Faye. Et il n'a pas été le premier d'ailleurs à être victime du leadership que le président voudrait conférer à Saint-Louis à Mansour Faye ».

Pas un opposant à Macky Sall, mais à Mansour Faye
Cependant, il faut comprendre que l'insistance à imposer Mansour Faye n’a pas commencer aujourd’hui. D’autres victimes ont payé les frais avant Mary Teuw Niane. Ce qu’a rappelé le journaliste. « Souvenez-vous, le premier responsable de l'Apr à souffrir de cette volonté du président de tracer une voie royale pour asseoir le leadership de Mansour Faye à Saint-Louis, c'était Alioune Badara Cissé, qui était le coordonnateur du parti quand il venait au pourvoir. Il a été le premier ministre des Affaires étrangères de Macky Sall. Il a été évincé du gouvernement et ensuite on l'a vu à la périphérie du parti. Mais il ne fallait pas qu'il gêne l'ascension de Mansour Faye. L'autre responsable à avoir payé ses frais, c'est Cheikh Bamba Dièye ».

Mary Teuw Niane a donc connu le même sort. Beaucoup de personnes avaient salué son travail au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Mais malgré tout il est parti du gouvernement à la surprise générale. Parce qu’il avait commencé à « manifester une ambition politique » ouverte alors qu'à l'origine, il éveille le profil d'un technocrate. Mais quand il a commencé à « se baigner dans le marigot de la politique, il a été écarté », a expliqué M. Diongue au bout du fil.

« On peut comprendre qu'avec ces élections locales, il veuille coûte que coûte, s'imposer parce qu'il n'a jamais reconnu le leadership de Mansour Faye à Saint-Louis. Il considère que le leadership de ce dernier est usurpé ou offert le président Macky Sall à son beau-frère. Il ne faudrait pas s'étonner de ces cas », a-t-il soutenu.
 
Il a, au finish, précisé que Mary Teuw Niane n’est pas un opposant à Macky Sall, mais un opposant à Mansour Faye. « Il ne faudrait pas perdre de vue que même s'il a été viré du gouvernement, Macky Sall a fait appel à lui pour lui la présidence du Conseil d'administration de Petrosen. Donc, il a une fonction qu'il tient du président. Il continuera à manifester sa fidélité et son compagnonnage au Président Macky Sall, par contre, il va disputer jusqu'au bout, le leadership de Mansour Faye ».

Salif SAKHANOKHO

Mardi 8 Juin 2021 - 19:40


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