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Madagascar: réactions après les propos du ministre de la Défense

A Madagascar, les partis politiques ont réagi ce jeudi après l'appel des forces armées. Dans une déclaration lue mercredi 2 mai à la presse et signée par les responsables de la police, de la gendarmerie et de l'armée, le ministre de la Défense nationale a demandé aux chefs des partis politiques de mettre un terme aux tensions actuelles. Depuis près de 15 jours, les députés de l'opposition sont descendus dans la rue. Ils dénoncent les nouvelles lois électorales qu'ils jugent favorables au pouvoir en place et demandent la démission du chef de l'Etat. Lors de la première manifestation, le samedi 21 avril, au moins deux personnes ont été tuées.



« L'armée n'a pas à s'impliquer dans la politique. » C'est en substance la réponse des députés de l'opposition au ministre de la Défense.
 
« Si jamais les forces armées ont l'intention de prendre le pouvoir, sachez que ce n'est pas leur rôle et c'est une autre forme de coup d'Etat », a déclaré Hanitra Razafimanantsoa, députée du TIM, parti de l'ancien chef de l'Etat Marc Ravalomanana
 
« Le rôle de l'armée, c'est de sécuriser les biens et les personnes. Ils n’ont aucune leçon à donner aux politiciens. Nous ce que nous voulons, ce sont des élections anticipées et que le président en exercice pose sa démission en bonne et due forme et le problème est réglé », estime Hawel Mamod'Ali, député du Mapar, parti de l'ancien président de la Transition Andry Rajoelina.
 
Pas de dialogue donc : « à partir du moment où il y a mort d'homme à Madagascar, zéro dialogue », ajoute-t-il.
 
Rivo Rakotovao, président du Sénat et du HVM, le parti au pouvoir, lui, indique prendre en considération l'appel des forces armées : « S'ils pensent qu'il y a un déficit de prise de responsabilités de la part des partis politiques alors ils ont raison de le dire. Les militaires, ce sont vraiment cantonnés en disant " écoutez, c'est un problème politique, il faut le résoudre politiquement, mais il y a des limites à ne pas dépasser " qu'ils ont bien spécifiées hier. Tout le monde trouve cela normal qu'il y ait des opposants et nous en tant que HVM (parti présidentiel), nous sommes toujours ouverts aux discussions. »
 
Le 25 avril, les députés de l'opposition ont déposé une requête de destitution du président de la République à la Haute Cour Constitutionnelle.
 
La Haute Cour Constitutionnelle a par ailleurs rendu ses décisions concernant les lois électorales jeudi 3 mai. Elle a déclaré non conformes plusieurs articles contenus dans ces textes, notamment des articles que les députés de l'opposition contestent. Elle déclare, entre autres, non conforme le délai de 7 jours de campagne entre les deux tours de l'élection présidentielle mais aussi l'utilisation du bulletin de vote individuel ou encore l'obligation de fournir un extrait de casier judiciaire bulletin n°2 pour les candidats à l'élection présidentielle. Un bulletin très détaillé qui contient toutes les condamnations d'un citoyen. L'élection présidentielle à Madagascar doit se tenir à la fin de l'année

Rfi.fr

Vendredi 4 Mai 2018 - 10:31


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