Aucun doute pour les experts de l'ONU, la Sécurité de l'État malien est devenu un instrument au service « d’une stratégie non officielle ». Une stratégie élaborée « par un cercle restreint proche du président » selon les auteurs, et qui vise à retarder la mise en œuvre de l’accord.
Impossible de recenser toutes les entraves documentées. Le service des renseignements aurait notamment encouragé la division de plusieurs groupes armés, en particulier la CMA (Coordination des mouvements de l'Azawad) et la Plateforme. Pour manœuvrer, la SE - comme on l’appelle - aurait fait émerger une autre coalition, la CME (Coordination des mouvements de l'entente) en 2017. Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune à sa tête serait, à en croire le rapport, un des grands protégés de la Sécurité de l’Etat. Il est pourtant sous sanction des Nations unies.
Autre pratique pointée du doigt : la manipulation par la SE de listes de combattants destinés à être démobilisés et réinsérés. Selon le rapport le tarif moyen d’une place au sein du processus DDR (Désarmement, démobilisation et réintégration) est de 500 000 francs CFA (760 euros).
Au sommet de la Sécurité de l’Etat, Moussa Diawara est personnellement indexé à plusieurs reprises. Inadmissible pour l’intéressé, confie un militaire proche de lui. Le patron des renseignements réfute toutes ces accusations et voit dans ce document une tentative de déstabilisation dans une période particulièrement difficile pour le pays.
Ballet diplomatique à Bamako
Bien que le rapport n’ait pas encore été publié (il devrait être rendu public d’ici la fin de semaine), les autorités maliennes ont décidé de réagir et le ballet diplomatique a commencé à Bamako, rapporte notre correspondant Serge Daniel.
Le ministre des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, a débuté une série d’entretiens sur la question avec des diplomates dont les pays sont membres permanents du Conseil de Sécurité. Les ambassadeurs de France, de Russie et de Chine ont été individuellement reçus ce lundi 17 août par le ministre.
Selon un communiqué officiel, les entretiens ont porté sur le rapport du panel d’experts indépendants de l’ONU sur le Mali. Ce document, transmis au Conseil de sécurité n’est pas encore rendu public, mais il circule désormais beaucoup. « Le ministre des Affaires étrangères du Mali a exprimé aux diplomates son étonnement », a confié à RFI une source officielle malienne.
D’abord sur la fuite du document. Ensuite sur son contenu. Bamako parle sur plusieurs points « d’allégation ». Aux diplomates reçus, le représentant du gouvernement malien a contesté notamment une partie du rapport qui cite le nom d’officiers de l’armée faisant obstacle au processus de paix.
D’après nos informations, selon un autre document des experts non encore rendu public et adressé au Conseil de sécurité, figure une liste de six personnes qui pourraient être sanctionnées. Parmi elle, côté gouvernement malien un ancien chef d’état-major de l’armée de Terre, et côté groupes armés et alliés, cinq noms, dont celui d’un chef militaire.
Impossible de recenser toutes les entraves documentées. Le service des renseignements aurait notamment encouragé la division de plusieurs groupes armés, en particulier la CMA (Coordination des mouvements de l'Azawad) et la Plateforme. Pour manœuvrer, la SE - comme on l’appelle - aurait fait émerger une autre coalition, la CME (Coordination des mouvements de l'entente) en 2017. Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune à sa tête serait, à en croire le rapport, un des grands protégés de la Sécurité de l’Etat. Il est pourtant sous sanction des Nations unies.
Autre pratique pointée du doigt : la manipulation par la SE de listes de combattants destinés à être démobilisés et réinsérés. Selon le rapport le tarif moyen d’une place au sein du processus DDR (Désarmement, démobilisation et réintégration) est de 500 000 francs CFA (760 euros).
Au sommet de la Sécurité de l’Etat, Moussa Diawara est personnellement indexé à plusieurs reprises. Inadmissible pour l’intéressé, confie un militaire proche de lui. Le patron des renseignements réfute toutes ces accusations et voit dans ce document une tentative de déstabilisation dans une période particulièrement difficile pour le pays.
Ballet diplomatique à Bamako
Bien que le rapport n’ait pas encore été publié (il devrait être rendu public d’ici la fin de semaine), les autorités maliennes ont décidé de réagir et le ballet diplomatique a commencé à Bamako, rapporte notre correspondant Serge Daniel.
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Selon un communiqué officiel, les entretiens ont porté sur le rapport du panel d’experts indépendants de l’ONU sur le Mali. Ce document, transmis au Conseil de sécurité n’est pas encore rendu public, mais il circule désormais beaucoup. « Le ministre des Affaires étrangères du Mali a exprimé aux diplomates son étonnement », a confié à RFI une source officielle malienne.
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