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Midterms 2026 : "Trump est prêt à tout pour prendre le contrôle du processus électoral"

Donald Trump est revenu jeudi sur ses accusations de fraude lors de l'élection présidentielle de 2020 remportée par Joe Biden, accusant notamment la Chine d’ingérence. Un discours qui vise à préparer le terrain pour contester une éventuelle défaite républicaine aux élections de mi-mandat de novembre, selon des experts interrogés par France 24.



"Nous ne pouvons plus jamais assister à une nouvelle élection volée." Dans une allocution de 25 minutes adressée "à la Nation" jeudi 16 juillet, Donald Trump a réitéré une fois de plus ses accusations de fraude électorale lors de l’élection présidentielle de 2020, qu’il a perdue face à Joe Biden.
 
Le républicain a notamment déclassifié jeudi des documents devant prouver que la Chine avait interféré dans l'élection de 2020 au profit de l’ex-président démocrate. Donald Trump a ainsi accusé Pékin d’avoir mené "la plus grosse opération de piratage de données électorales de l'Histoire, aboutissant à l'obtention illicite par la Chine de 220 millions de fichiers d'électeurs américains". Or plusieurs rapports, dont certains émanant des principales agences de renseignement du pays, ont démenti à plusieurs reprises toute ingérence étrangère dans les résultats du vote.
 
Derrière ces accusations, l’enjeu pour Donald Trump est de faire croire à un nouveau risque d’ingérence étrangère et de fraude interne pour les élections de mi-mandat qui se tiendront en novembre. Ce scrutin – auquel participent tous les électeurs américains – doit élire les 435 membres de la Chambre des représentants, un tiers des 100 sénateurs, deux tiers des gouverneurs, et des élus locaux.
 
"Par ce discours, Donald Trump montre qu’il est prêt à tout pour prendre le contrôle de l’appareil électoral", alerte Scott Lucas, spécialiste de la politique américaine à l'University College Dublin. Le président américain a notamment exhorté les élus républicains au Congrès à adopter le "Save America Act", un projet de loi imposant de nouvelles exigences en matière d'identification des électeurs et de citoyenneté.
 
Le texte, adopté à la Chambre des représentants, reste pour l’heure bloqué au Sénat. Mais s’il était adopté, il pourrait écarter 21 millions d’électeurs du vote, selon une étude de l’université du Maryland.
 
Mobiliser contre "l’ennemi intérieur"
Car avec une cote de popularité à 37 % selon un sondage Ipsos pour le Washington Post, Donald Trump est loin d’être en position de force pour les midterms. Les républicains pourraient ainsi perdre leur majorité dans les deux chambres du Congrès. "Si les 20 % d’électeurs Maga [Make America Great Again] le soutiendront, il y a un risque que les 15 % de républicains traditionnels, eux, n’aillent pas voter", souligne Jérôme Viala-Gaudefroy, chargé de cours à Sciences Po, spécialiste des États-Unis et auteur de l'ouvrage "Les Mots de Trump" (éd. Dalloz, 2025).
 
Pour le docteur en civilisation américaine, la colère affichée de Donald Trump dans son discours a donc aussi pour objectif de mobiliser son électorat. Le milliardaire s’est ainsi attaqué aux "bureaucrates véreux" responsables, selon lui, de l’avoir trahi en 2020 en laissant passer l’ingérence de la Chine dans ces élections. "La rhétorique de Donald Trump s’appuie sur le conflit. En tentant de convaincre ses électeurs qu’ils doivent combattre l’adversaire politique comme un 'ennemi intérieur', il espère les mobiliser au vote", résume Jérôme Viala-Gaudefroy.

France24

Lundi 20 Juillet 2026 - 15:29


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