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Municipales 2020 : après la vague verte, le retour de la gauche au premier plan ?

Le second tour des municipales, dimanche, a été marqué par une vague verte à Marseille, Lyon, Strasbourg ou Bordeaux, tandis que les socialistes ont conservé leurs bastions à Paris, Nantes, Lille ou Rennes. Avec de tels résultats, la gauche espère signer son retour sur la scène nationale.



Municipales 2020 : après la vague verte, le retour de la gauche au premier plan ?
Et soudain l'espoir est de nouveau permis du côté de la gauche. En l'emportant dans la plupart des grandes villes françaises, dimanche 28 juin, lors du second tour des élections municipales, les candidats issus de cette famille politique ont ravivé la flamme chez leurs sympathisants et fait oublier, l'espace d'une soirée électorale, les défaites historiques de 2017.
 
Alors qu'Europe Écologie-Les Verts (EELV) ne gérait jusque-là qu'une grande ville, Grenoble, depuis 2014, la liste des vainqueurs en vert n'a cessé de s'allonger dimanche soir : Grégory Doucet à Lyon, Jeanne Barseghian à Strasbourg, Pierre Hurmic à Bordeaux — ville tenue par la droite depuis 73 ans —, Emmanuel Denis à Tours, François Astorg à Annecy, Anne Vignot à Besançon, Léonore Moncond'huy à Poitiers et, peut-être, en attendant le "troisième tour", Michèle Rubirola à Marseille.
 
Jamais les Verts n'avaient connu pareil succès lors des élections municipales. Un an après leur bon score aux élections européennes, en 2019, leur nouveau statut de force centrale à gauche est désormais pérennisé.
La performance des candidats EELV est d'autant plus spectaculaire qu'ils sont, pour la plupart, inconnus du grand public et qu'ils sont parvenus à l'emporter, le plus souvent, face à des alliances entre Les Républicains (LR) et La République en marche (LREM). Peu de cadres du parti écolo auraient ainsi parié sur une victoire de Pierre Hurmic à Bordeaux face au maire sortant et dauphin d'Alain Juppé, Nicolas Florian, allié au macroniste Thomas Cazenave.
 
De même à Strasbourg, où les écologistes pouvaient légitimement craindre que l'alliance de dernière minute entre LR et LREM ne leur fasse perdre leur avance du premier tour, surtout en l'absence d'un accord avec l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann. Mais Jeanne Barseghian a écrasé son concurrent avec environ huit points d'avance.
 
"Ce qui a gagné, c'est la volonté d'une écologie concrète, en action, qui propose des solutions sur les déplacements, le logement, l'alimentation, comment retisser l'économie locale", s'est réjoui sur TF1 Yannick Jadot, député européen et ex-tête de liste EELV aux européennes, voyant "une espérance autour du projet écologiste".
 
"Continuons de cultiver le commun, davantage que le séparatisme de chapelle"
 
Mais au-delà de la "vague verte" qui a marqué le second tour des municipales, le détail des victoires obtenues par les écologistes montre que celles-ci ont été possibles grâce aux alliances nouées avec le Parti socialiste (PS), La France insoumise (LFI), le Parti communiste (PCF) et Génération.s. Seul, EELV s'expose à des défaites, à l'image de Stéphane Baly à qui il a manqué quelques voix, dimanche soir, pour déloger la socialiste Martine Aubry à Lille.
 
 
Le secrétaire national, Julien Bayou, ne s'y est d'ailleurs pas trompé. "D'ici à 2022, pour les échéances qui arrivent, continuons de cultiver le commun, davantage que le séparatisme de chapelle", a-t-il affirmé. Le patron d'EELV avait sans doute également en tête l'exemple marseillais de Michèle Rubirola, d'abord suspendue du parti pour avoir refusé la logique indépendante de la direction puis soutenue après être arrivée en tête au premier tour grâce à l'union de la gauche.

France24

Lundi 29 Juin 2020 - 09:44



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