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PABRA : 30 ans de recherche africaine au service de la sécurité alimentaire



Trente ans après sa création, l’Alliance panafricaine de recherche sur le haricot (PABRA) entend franchir une nouvelle étape. Réunie au Kigali Convention Centre, l’organisation a célébré trois décennies de recherche agricole menée en Afrique et défini les grandes orientations de sa prochaine stratégie, avec l’ambition d’accélérer la diffusion des innovations au bénéfice des agriculteurs et des systèmes alimentaires du continent.

La rencontre, organisée par l’Alliance de Bioversity International et le CIAT au nom de PABRA, a rassemblé représentants des gouvernements, chercheurs, organisations paysannes, entreprises, partenaires au développement et jeunes acteurs de l’agriculture. Les échanges ont notamment porté sur la stratégie 2027-2037, placée sous le thème « PABRA au-delà de 30 ans, et au-delà du haricot ».

Depuis 1996, PABRA est devenue un réseau continental réunissant plus de 900 organisations dans 31 pays africains. Son modèle associe recherche variétale, systèmes semenciers, nutrition, accès aux marchés et développement entrepreneurial.

Selon les données présentées lors de la célébration, plus de 43,5 millions d’agricultrices et d’agriculteurs, dont 58,1 % de femmes, ont eu accès à des variétés améliorées de haricot. Le réseau revendique également la diffusion de plus de 600 variétés et un soutien à plus de 500 petites et moyennes entreprises.

*Des avancées qui dépassent le rendement agricole*

Pour PABRA, l'enjeu ne se limite plus à accroître la production. Les variétés améliorées, dont certaines présentent une meilleure résistance aux effets du changement climatique et une valeur nutritionnelle renforcée, doivent contribuer à la sécurité alimentaire tout en ouvrant de nouveaux débouchés économiques.

Les travaux menés par le partenariat ont notamment permis, selon les résultats communiqués, d'augmenter les rendements de 36 % en moyenne. Le développement de systèmes semenciers plus performants et de corridors commerciaux doit également faciliter le passage de la production agricole aux marchés structurés.

L'accent est par ailleurs mis sur les haricots riches en fer et en zinc, considérés comme un levier potentiel pour améliorer la qualité nutritionnelle des régimes alimentaires. Les programmes de repas scolaires reposant sur les productions locales figurent parmi les pistes explorées.

« Les 30 dernières années nous ont permis de construire une véritable autoroute. Il faut maintenant accélérer », a déclaré Jean Claude Rubyogo, responsable du Programme mondial sur le haricot et directeur de PABRA.

*Le Rwanda, berceau d’un partenariat continental*

Le choix de Kigali revêt une portée particulière. Le Rwanda figure en effet parmi les pays ayant contribué aux fondements scientifiques et institutionnels de PABRA. La coopération entre le programme national rwandais sur le haricot et le CIAT avait commencé dès le milieu des années 1980, avant la création officielle du réseau en 1996.

Le Canada et la Suisse ont également compté parmi les premiers partenaires à soutenir cette démarche, avec des investissements de long terme destinés à rapprocher la recherche des réalités agricoles, des entreprises et des marchés.

À Kigali, les responsables de PABRA ont ainsi rendu hommage aux systèmes nationaux de recherche agricole, aux organisations paysannes, aux producteurs de semences et au secteur privé, considérés comme les principaux relais de cette innovation agricole africaine.

*Une nouvelle stratégie pour 2027-2037*

Au-delà du bilan, l'anniversaire a surtout servi à préparer l'avenir. La prochaine décennie devrait accorder une place accrue à la sélection variétale guidée par la demande, aux systèmes semenciers inclusifs, à l'agriculture intelligente face au climat, au commerce régional et à l'investissement privé.

PABRA souhaite également renforcer les capacités scientifiques africaines à travers la PABRA Academy et élargir les opportunités offertes aux femmes et aux jeunes dans les chaînes de valeur agricoles.

L'organisation envisage enfin d'étendre son modèle de partenariat à d'autres cultures et chaînes de valeur, au-delà du seul haricot. Une évolution qui traduit une ambition plus large : faire de la recherche agricole africaine un moteur durable de résilience, de nutrition et de croissance économique.

Pour les partenaires réunis à Kigali, le prochain défi sera désormais de transformer les résultats accumulés en innovations accessibles plus rapidement et à plus grande échelle.



Mercredi 2 Septembre 2026 - 02:17


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