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Paris sportifs en Afrique : la RDC peut-elle rejoindre le Sénégal et la Côte d’Ivoire parmi les leaders du secteur ?



Porté par une population ultra-connectée et passionnée de football, le continent confirme son statut de nouvel eldorado des paris sportifs en ligne, notamment en Afrique de l’Ouest. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont régulièrement cités comme des références en matière de régulation et d’innovation. Dans ce contexte, une question s’impose : la République démocratique du Congo, géant démographique de 113 millions d’habitants, peut-elle à son tour rebattre les cartes et s’imposer parmi les leaders du secteur ?
 

Le Sénégal et la Côte d’Ivoire, marchés précurseurs

 
Parmi les pays francophones, le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont longtemps tenu le haut du pavé sur les paris sportifs. Ces deux marchés ont connu des phases de croissance spectaculaire. Au Sénégal, la Loterie nationale a par exemple annoncé en 2022 un record de 266 milliards de FCFA de mise globale. Parallèlement, en Côte d’Ivoire, le marché a bondi à deux chiffres. Les opérateurs historiques ont vu leur chiffre d’affaires passer de 20,8 milliards à 56,7 milliards de FCFA entre 2022 et 2023 (croissance d’environ 172 %).
 
Même si cette flambée peut ralentir (arrivée de nouveaux acteurs, durcissement réglementaire), le nombre d’Ivoiriens impliqués reste très élevé. Plus de 40 % de la population dit avoir parié au moins une fois par an. Ces deux pays bénéficient d’un cadre réglementaire actif (LONACI en Côte d’Ivoire, Lonase au Sénégal), qui octroie et contrôle les licences des opérateurs. Les autorités locales ont aussi développé des programmes de sensibilisation aux risques.
 

La RDC : un géant en embuscade ?

 
La RDC, plus grand pays francophone d’Afrique en population, apparaît aujourd’hui comme un marché frontière aux perspectives prometteuses. Les Congolais partagent la passion du football qui anime tout le continent, et la pénétration du mobile (près de 65 % de taux de couverture au troisième trimestre 2024) est désormais importante. Autant de facteurs qui pourraient soutenir un essor rapide des paris sportifs dans les prochaines années.
 
Cependant, plusieurs freins limitent la RDC pour l’instant. En effet, le pouvoir d’achat moyen reste faible dans la plupart des régions, la monnaie locale (le franc congolais) est volatile, et les infrastructures (internet haut débit, densité de boutiques physiques) sont encore moins développées qu’en Côte d’Ivoire ou au Sénégal. Le cadre réglementaire n’est pas pleinement stabilisé.
 
Jusqu’à récemment, les paris en ligne fonctionnaient dans une sorte de flou juridique. Fin 2023, l’État congolais a pris des mesures fiscales (taxes sur les opérateurs et sur les gains) et a exigé que chaque bookmaker obtienne un agrément avant mars 2026. Ces textes visent à faire passer une bonne partie des mises du marché informel vers les circuits officiels.
 
Dans ce contexte, la RDC doit encore professionnaliser son secteur des jeux pour attirer les géants internationaux. L’augmentation de la connectivité et la diffusion des applications de pari sont des atouts, mais il faudra garantir la transparence. La traçabilité via les paiements mobiles facilite le contrôle des autorités. Si la RDC met en place des licences claires et exploite sa vaste population francophone, elle pourrait rejoindre les rangs des pays leaders.
 

Un marché africain en pleine expansion

 
L’Afrique reste le dernier eldorado du pari sportif, grâce à sa population connectée. Selon Forbes Afrique, les téléphones mobiles se sont imposés comme la plateforme de prédilection pour parier. 94 % des joueurs en Afrique déclarent utiliser leur smartphone pour miser. L’essor des forfaits internet et le recours massif au mobile money ont facilité les paiements sans banque, renforçant ce boom.
 
En outre, l’offre de paris en ligne est constamment renouvelée et soutenue par une intense promotion sur les réseaux sociaux et même via des partenariats avec des stars du football africain. Même si le marché africain reste encore modeste par rapport aux géants mondiaux, il se rapproche des 3 milliards de dollars en intégrant les flux officiels et parallèles. La plupart des mises (plus de 76,5 %) se concentrent sur le football.
 
La croissance des paris sportifs en Afrique dépendra de plusieurs paramètres clés : régulation efficace, inclusion numérique et sensibilisation sociale. Les États africains tendent à encadrer davantage le secteur pour en tirer des revenus fiscaux et pour lutter contre la fraude. Les africains ont misé plus de 1 561 milliards FCFA en 2023.

Jean Louis DJIBA

Lundi 1 Juin 2026 - 16:44


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