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Présidentielle en Algérie: premier «débat» entre les cinq candidats

​Vendredi soir, pour la première fois dans une élection algérienne, les cinq candidats ont défendu leur programme en direct à la télévision. Mais il n'y a pas eu de débat contradictoire.



C’est un plateau de télévision moderne, à fond bleu, avec des lumières vertes. Les cinq candidats sont debout devant des pupitres. Face à eux, quatre journalistes posent quatorze questions. Chaque candidat a deux minutes pour y répondre. Les cinq hommes prennent la parole à tour de rôle.

Ce débat inédit, diffusé en direct, n’en est donc pas un. Les cinq hommes se contentent de rester dans les grandes lignes de leurs programmes, évoquant la fragilité de l’économie algérienne, la place des jeunes, la santé ou l’éducation. Les réponses sont sans surprise : Ali Benflis, candidat pour la troisième fois, dit qu’il veut alléger la bureaucratie ; Abdelmadjid Tebboune, ancien Premier ministre, promet d’exonérer d’impôts ceux qui gagnent moins de 30 000 dinars, soit le salaire moyen.

L’exercice se voulait, selon l’expression utilisée par le présentateur, démocratique, Mais à six jours du scrutin, il reste difficile de distinguer les candidats sur leurs programmes. Ce débat aura du mal à convaincre les opposants au vote de faire le déplacement jeudi prochain.

« Ils sont dans le déni absolu »

Pour le professeur de droit Mouloud Boumghard, ce débat ne présentait aucun intérêt, et pas seulement parce que le dispositif télévisuel n'était pas satisfaisant. « C'est un non-événement parce que c'est un débat entre des candidats qui sont tous issus de la même matrice, celle du régime, et qui se présentent à un scrutin absolument refusé par le peuple algérien qui le montre tous les vendredis dans les manifestations. Les manifestants ne refusent pas le principe de l'élection, mais ils le refusent sous le contrôle du régime militarisé.

Mouloud Boumghard pointe un autre écueil du débat, sleon lui : « Vous avez peut-être remarqué que les candidats ne remettent en cause ni les arrestations, ni les restrictions de liberté, ni même ne caractérisent le régime comme autoritaire et militaire. Ils sont dans le déni absolu tout simplement parce que leur fonction n'est pas de représenter le peuple mais plutôt de représenter le régime auprès du peuple, ce qui est tout à fait différent. Ils veulent reconstituer la façade civile du régime en place. »

Dans la journée, une foule immense a encore défilé à Alger pour rejeter ce scrutin voulu à tout prix par le pouvoir. Amel, une jeune femme qui manifeste depuis le début du mouvement, est opposée à la tenue de l'élection, et elle l'a scandé encore hier dans le cortège. Elle pense que le scrutin se tiendra quand même, mais elle veut continuer à se mobiliser.

"Je pense que l'Algérie de l'après 22 février ne sera jamais l'Algérie de l'avant 22 février [...] On a très bien vu la pancarte qui disait "le prochain président, dégage d'avance". Il y a une certaine conscience populaire, une politisation qui est revenue chez le peuple algérien", affirme Amel, une jeune manifestante.

Rfi.fr

Samedi 7 Décembre 2019 - 08:56



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