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Procès de Dominic Ongwen à la CPI: l’ampleur des attentes des parties civiles

Onze ans après l’émission d’un mandat d’arrêt contre lui, l’ex-commandant de la LRA, Dominic Ongwen, est jugé depuis mardi 6 décembre devant la Cour pénale internationale. Enlevé vers l’âge de 14 ans par les hommes de Joseph Kony, dans le nord de l’Ouganda, l’enfant soldat est ensuite devenu l’un des commandants de la redoutable Armée de résistance du Seigneur. Il est accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis entre 2002 et 2005 dans le nord de l’Ouganda. Mercredi, c’était au tour des avocats des civils de prendre la parole à l’ouverture du procès, l’occasion de rappeler l’ampleur de leurs attentes, alors qu’il n’y a jamais eu encore de procès de la LRA.



« Quand je pense à la justice, j’aimerais qu’on établisse la vérité sur les évènements terribles que j’ai vécus, moi comme beaucoup d’autres en Ouganda… » Diffusée sur un grand écran, une jeune femme, le visage coupé par la caméra, témoigne.
 
Les avocats des parties civiles ont choisi de filmer une dizaine de victimes de la LRA en Ouganda pour faire entendre leurs souffrances et leurs attentes. « J’ai 69 ans, dit un homme. Quand la LRA a attaqué le camp, trois de mes enfants ont été tués, j’ai été terriblement battu, huit de mes vaches ont été enlevées, pour cette raison je veux que ma voix soit entendue devant la cour, la cour doit savoir que je demande justice et réparation pour mes enfants qui ont été tués. »
 
Une énorme soif de justice
 
Quelque 4 000 victimes ont choisi de participer à ce procès. Francis Cox, avocat de plus de la moitié d’entre elles, rappelle au cours de l’audience leur énorme soif de justice : « Le procès de Mr Dominic Ongwen est d’une importance capitale car il représente la seule option à ce jour pour que la justice examine les crimes commis par la LRA et ses commandants en 29 ans ».
 
« Les victimes souhaitent la justice et attendent beaucoup de ce procès. Elles savent que si Dominic Ongwen n'est pas condamné pour les crimes qu'il a commis en tant que commandant supérieur de la LRA, parfois personnellement, s'il n'est pas condamné, cela laissera un énorme sentiment d'impunité, car aujourd'hui personne n'a été jugé ou tenu responsable des crimes commis à Lukodi, Odek ou Abok (...) Il y a un paradoxe dans ce genre de crimes. Comme il y a un très grand nombre de victimes, et aussi pour les protéger, nous devons faire référence à elles par des nombres. Mais il est important de rappeler que derrière chacun de ces chiffres, il y a un individu qui a souffert de ces crimes et qui attend de vous de rendre justice », a poursuivi l'avocat devant la Cour.
 
Dominic Ongwen, encadré par deux policiers, a semblé impassible mercredi, son cahier rouge fermé devant lui. Il a suivi les témoignages des victimes d’un air pensif, presque absent quelquefois. Le procès reprendra le 16 janvier prochain pour aborder le fond.


Jeudi 8 Décembre 2016 - 08:18



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