Pas d’Internet, pas de WhatsApp, pas de réseaux sociaux comme X, l'ex-Twitter : depuis 18 heures heure locale ce mardi 13 janvier, les Ougandais n'ont plus aucun accès à la Toile. Un peu plus tôt dans la journée, la Commission ougandaise des communications - l'agence gouvernementale chargée de réguler le secteur des télécommunications - avait annoncé qu’elle avait demandé aux fournisseurs d’accès Internet la suspension du réseau. L'instance explique avoir pris cette décision jusqu’à nouvel ordre, afin « d’atténuer la propagation rapide de la désinformation [...] en ligne, la fraude électorale, ainsi que pour empêcher l'incitation à la violence ».
La Commission a également interdit la vente de nouvelles cartes SIM et demandé la suspension du service de roaming sur les abonnements étrangers, alors que l'exécutif avait pourtant répété à plusieurs reprises que le réseau ne serait pas bloqué pendant l'élection.
L'inquiétude d'un black-out total
Cette suspension d'Internet est intervenue quelques heures après le dernier meeting du président Yoweri Museveni, dans l'après-midi du jeudi 13 janvier à Kampala, la capitale. De nombreux journalistes étrangers n’ont pas pu y assister : bien que munis d'accréditations officielles, ils en ont été refoulés.
Face à l'inquiétude d'un possible black-out total, de nombreuses voix, notamment parmi les organisations de défense des droits de l’homme, se sont déjà fait entendre. L’Ouganda est donc coupé du monde, jusqu'à nouvel ordre, comme pendant la présidentielle de 2021 durant laquelle le réseau avait été bloqué pendant plus de cinq jours.
Une décision attendue dans un contexte fébrile. Depuis le début de la semaine, les autorités ont suspendu plusieurs organisations reconnues de défense de la presse ou des droits civiques, dénonçant l’engagement de ces organisations « dans des activités nuisibles à la sécurité et aux lois ougandaises ».
Á l’approche du scrutin, un important déploiement de forces de sécurité a été constaté dans la capitale Kampala, mais également dans les principales villes du pays. Une réaction aux « menaces de violences », selon l’armée. Une tentative d’intimidation selon l’opposition.
Une coupure malgré l'appel de l'ONU à la sérénité du scrutin
La semaine dernière, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits humains a appelé les autorités à permettre à tous les Ougandais de participer pleinement et en toute sécurité aux scrutins. Pour Nompulo Simanje, de l'Institut international de la presse (IPI), qui se bat pour la liberté d'expression, cette décision est inquiétante.
« Avec cette décision, l’Ouganda rejoint la liste les pays autoritaires qui utilisent la censure de l’information pour empêcher le reste du monde de suivre ce qui se passe dans le pays. Cela permet aux autorités de se protéger du regard extérieur et de ne pas avoir à rendre de compte. C’est une décision regrettable, mais malheureusement prévisible dans un contexte comme celui de l’Ouganda où de très nombreux cas de violations des droits de l’homme ont été enregistrés avant même le scrutin ».
Pour Nompulo Simanje, « cela veut dire que les gens, y compris les journalistes et les militants des droits de l’homme, ne pourront pas communiquer et partager leurs informations sur le déroulement du vote sur le terrain alors que c’est un événement politique majeur pour les Ougandais. Mes journalistes ne pourront pas couvrir le scrutin de façon libre et sûre et les organisations indépendantes ne pourront pas être informées sur le déroulement du scrutin, et s'il est réellement libre et juste ».
« Couper l’internet, c'est saper la crédibilité des élections elles-mêmes, poursuit-il. C’est pour cela que nous sommes très préoccupés, mais également parce que cela limite la capacité des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme de rapporter toute violation qui pourrait se produire durant ce black out ».
Notre journaliste de RFI envoyée dans le pays pour couvrir les élections a été refoulée du pays, malgré son accréditation officielle.
La Commission a également interdit la vente de nouvelles cartes SIM et demandé la suspension du service de roaming sur les abonnements étrangers, alors que l'exécutif avait pourtant répété à plusieurs reprises que le réseau ne serait pas bloqué pendant l'élection.
L'inquiétude d'un black-out total
Cette suspension d'Internet est intervenue quelques heures après le dernier meeting du président Yoweri Museveni, dans l'après-midi du jeudi 13 janvier à Kampala, la capitale. De nombreux journalistes étrangers n’ont pas pu y assister : bien que munis d'accréditations officielles, ils en ont été refoulés.
Face à l'inquiétude d'un possible black-out total, de nombreuses voix, notamment parmi les organisations de défense des droits de l’homme, se sont déjà fait entendre. L’Ouganda est donc coupé du monde, jusqu'à nouvel ordre, comme pendant la présidentielle de 2021 durant laquelle le réseau avait été bloqué pendant plus de cinq jours.
Une décision attendue dans un contexte fébrile. Depuis le début de la semaine, les autorités ont suspendu plusieurs organisations reconnues de défense de la presse ou des droits civiques, dénonçant l’engagement de ces organisations « dans des activités nuisibles à la sécurité et aux lois ougandaises ».
Á l’approche du scrutin, un important déploiement de forces de sécurité a été constaté dans la capitale Kampala, mais également dans les principales villes du pays. Une réaction aux « menaces de violences », selon l’armée. Une tentative d’intimidation selon l’opposition.
Une coupure malgré l'appel de l'ONU à la sérénité du scrutin
La semaine dernière, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits humains a appelé les autorités à permettre à tous les Ougandais de participer pleinement et en toute sécurité aux scrutins. Pour Nompulo Simanje, de l'Institut international de la presse (IPI), qui se bat pour la liberté d'expression, cette décision est inquiétante.
« Avec cette décision, l’Ouganda rejoint la liste les pays autoritaires qui utilisent la censure de l’information pour empêcher le reste du monde de suivre ce qui se passe dans le pays. Cela permet aux autorités de se protéger du regard extérieur et de ne pas avoir à rendre de compte. C’est une décision regrettable, mais malheureusement prévisible dans un contexte comme celui de l’Ouganda où de très nombreux cas de violations des droits de l’homme ont été enregistrés avant même le scrutin ».
Pour Nompulo Simanje, « cela veut dire que les gens, y compris les journalistes et les militants des droits de l’homme, ne pourront pas communiquer et partager leurs informations sur le déroulement du vote sur le terrain alors que c’est un événement politique majeur pour les Ougandais. Mes journalistes ne pourront pas couvrir le scrutin de façon libre et sûre et les organisations indépendantes ne pourront pas être informées sur le déroulement du scrutin, et s'il est réellement libre et juste ».
« Couper l’internet, c'est saper la crédibilité des élections elles-mêmes, poursuit-il. C’est pour cela que nous sommes très préoccupés, mais également parce que cela limite la capacité des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme de rapporter toute violation qui pourrait se produire durant ce black out ».
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