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RDC: Bukavu, le récit de trois générations marquées par la violence

Par William BasimikeLes congolais ont soif de la paix après les violences et les bruits des armes qui ont émaillé les 60 ans d’indépendance de la République démocratique du Congo. Notre correspondant revient sur trois générations qui ont été marquées par ces violences, celles de 1960, 1996 et avant les élections de 2018.



RDC: Bukavu, le récit de trois générations marquées par la violence
En 1960 Victor Basinza n’a que 17 ans lors de l’indépendance. Sa joie n'a été que d’une courte durée car quelque temps après, les armes vont retentir :
 
« Ce dont je me rappelle c'est la guerre de Mulele en 1964 qui a coûté la vie à ma première femme. Nous nous étions réfugiés dans les collines de Muhungu et là, un obus est tombé tout près de notre refuge alors qu'elle essayait de ramasser du bois pour nous préparer à manger. Malheureusement les éclats avaient touché ma bien-aimée Consolata, et c’était fini pour elle. C’était une très mauvaise journée !
 
Bien sûr je me suis remarié, mais chaque fois que je regarde sur cette colline, tout me revient en tête et je revois la scène, je peux entendre encore cette détonation comme si c'était hier. J'espère que cette vieillesse qui me rapproche de la mort va me délivrer de ce traumatisme. »
 
Comme Victor, cette ménagère Chanceline Nabintu Bahaya, a perdu son père en 1996 parmi des milliers des civils qui ont péri dans la guerre dite de libération sous la houlette de l’ex-président Laurent Désiré Kabila. Jusqu’à ce jour, le corps de son père n'a jamais été retrouvé :
 

« Je suis en train de penser peut-être qu’un jour il peut revenir. Je ne sais pas si on l'avait tué, je ne sais pas s’il s’était noyé, je ne sais pas vraiment. Peut-être un jour il reviendra. On avait fui les combats jusque dans le village de Nyangezi, j’avais 6 ans. Aujourd’hui j’en ai 31 ans je n’ai jamais vu mon père et ça m'affecte vraiment. Je suis mariée, j’ai déjà des enfants qui me demandent où est leur grand-père. En tout cas cela m’a beaucoup affecté parce qu’en 1997, je n’avais pas étudié par manque des moyens. »
 
Chanceline Nabintu regrette que les choses n’aient pas changé jusqu'à ce jour : « Il y a beaucoup des violences. Les gens sont tués par-ci par-là, il y a des bandits qui attaquent des maisons… Il n’y a pas de paix au Congo, il n’y a pas une libération. On va fêter le 30 juin, mais on ne sait ce que l’on va fêter, car il n'y a pas de paix ! »
 
Après les élections jugées démocratiques de 2006 et 2011 bien qu’émaillées de violences, des groupes armés sont restés dans les forêts du Sud-Kivu, tandis que dans la ville de Bukavu des manifestations ont été réprimées.
 
Hippocrate Marume est le président de la Société civile de la commune de Kadutu, victime : « Quand nous étions en train de réclamer le calendrier électoral, j'ai reçu une balle dans le pied droit. J’étais hospitalisé durant trois mois dans une structure médicale parce qu'on était en train de réclamer l'alternance dans notre Pays, l’État de droit. Mon sang qui avait coulé ce temps-là c’était pour réclamer la liberté des manifestations et pour l’instant je ne l'ai pas encore vue ; certainement il y a eu alternance mais dans un format que personne ne maîtrise et dans le contexte actuel nous ne voyons pas ce pourquoi nous avons milité. Sur le plan sécuritaire, nous voulons, 60 ans après notre indépendance, voir les autorités actuelles s’impliquer pour stabiliser la situation sécuritaire dans notre pays. »
 
Lors de son passage à Bukavu en octobre dernier, le président Félix Tshisekedi s'est dit prêt à mourir pour la paix dans l'est de la RDC.

RFI

Mardi 30 Juin 2020 - 10:07


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