► Le groupe armé antigouvernemental du M23, soutenu par quelque 3 000 à 4 000 soldats rwandais, selon l'ONU, combattent l'armée congolaise dans la région depuis plus de trois ans, mais l'étau s'est resserré ces derniers jours.
► Après une réunion d'urgence dimanche soir, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné le « mépris éhonté » de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (RDC).
► La ville de Goma compte environ un million d'habitants et autant de déplacés. La région vit une crise humanitaire chronique.
Confusion à Goma, des tirs nourris et évasion à la prison de Munzenze
Selon nos informations, des combattants du M23 et des membres des forces spéciales rwandaises sont présents dans certains quartiers de Goma, notamment au niveau de l'aéroport dans le quartier Nord de la capitale du Nord-Kivu. Les hommes des forces armées de la RDC (FARDC) et leurs alliés Wazalendo sont encore présents dans la ville.
Dimanche et lundi matin, des tirs sont entendus, y compris en centre-ville.
Une évasion a eu lieu à la prison de Goma : la prison de Munzenze, qui compte environ 3 000 détenus, a été « totalement incendiée » à la suite d'une « évasion massive » qui a causé des « morts », selon une source sécuritaire à l'AFP. Des prisonniers en fuite ont été aperçus dans les rues alentours, a constaté une journaliste de l'AFP.
Il n'y a pas de communication officielle des autorités congolaises pour le moment.
Les habitants sont terrés chez eux, l'eau et l'électricité sont coupées. Dimanche déjà, dans l'après-midi, des tirs d'armes automatiques étaient entendus dans la ville, comme nous le raconte cet habitant.
Des bus sont positionnés à la frontière rwandaise, prêts à évacuer des personnels de l'ONU et leurs familles venant de Goma, selon la TV publique rwandaise RBA, rapporte l'Agence France presse. « Les membres du personnel de l'ONU et leurs familles qui ont travaillé en RDC » sont en cours d'évacuation de Goma, avec des bus à la frontière « en attente pour les transporter vers Kigali, où ils embarqueront sur des vols vers leurs pays respectifs », a indiqué RBA sur X. Il n'y a pas d'agents de l'immigration à la frontière, selon nos informations.
Dimanche, la responsable de la mission de l'ONU en RDC Bintou Keita participait dimanche à la réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation en RDC. Elle y signalait que l'aéroport n'était plus fonctionnel pour des évacuations ou pour des opérations humanitaires. Les routes menant à Goma sont également coupées, affirme-t-elle.
Le président kényan William Ruto a annoncé dans un communiqué réunir « dans les prochaines 48 heures » un sommet extraordinaire de la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC) en présence des présidents Félix Tshisekedi de la RDC et du Rwanda Paul Kagame.
Les habitants tentent de fuir la ville
L’intensification des combats dans la soirée près de Goma puis les tirs dans la ville ont poussé également des habitants de la capitale provinciale à traverser la frontière vers le Rwanda, dans la ville frontalière de Gisenyi, dans le district de Rubavu, où se trouve notre correspondante, Lucie Mouillaud.
Devant la Grande Barrière, Nathan et sa famille font partie des derniers habitants de Goma à traverser avant la fermeture de la frontière dimanche, en milieu d’après-midi : « Goma maintenant, c’est un champ désert, il n'y a plus de courant, il n'y a plus d’eau, la population fait du mieux possible pour pouvoir survivre. Les bombes se font entendre de plus en plus fort ! Il y a même des coups de feu, j’étais dans ma chambre et j’ai commencé à entendre des coups de feu. Je crois que c’est ce qui a alerté mon père pour qu’on puisse traverser et évacuer la ville. »
« La peur, elle est là, on laisse nos biens, je viens qu’avec mon petit sac et la famille. On a tout laissé là-bas, on est venu tel qu’on est là, on n’est pas stable. On ne sait pas combien de temps, on va rester ici, on attend la situation, dès qu’elle finit, on va retourner à Goma, c’est chez nous » témoigne Alain Hemedi qui a, lui aussi, quitté la ville.
Pour beaucoup, le passage de la frontière n’est qu’une étape avant de prendre la route pour rejoindre Bukavu ou d’autres villes au Burundi ou en Ouganda. « On ne peut qu’espérer, ce qu’on souhaite, c’est que la paix soit rétablie. On ne vit que de ça, depuis notre enfance, donc on espère que la paix soit rétablie, en tout cas, c'est le souhait de tout le monde », affirme Axel Cikomero, commerçant de Goma.
► Après une réunion d'urgence dimanche soir, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné le « mépris éhonté » de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (RDC).
► La ville de Goma compte environ un million d'habitants et autant de déplacés. La région vit une crise humanitaire chronique.
Confusion à Goma, des tirs nourris et évasion à la prison de Munzenze
Selon nos informations, des combattants du M23 et des membres des forces spéciales rwandaises sont présents dans certains quartiers de Goma, notamment au niveau de l'aéroport dans le quartier Nord de la capitale du Nord-Kivu. Les hommes des forces armées de la RDC (FARDC) et leurs alliés Wazalendo sont encore présents dans la ville.
Dimanche et lundi matin, des tirs sont entendus, y compris en centre-ville.
Une évasion a eu lieu à la prison de Goma : la prison de Munzenze, qui compte environ 3 000 détenus, a été « totalement incendiée » à la suite d'une « évasion massive » qui a causé des « morts », selon une source sécuritaire à l'AFP. Des prisonniers en fuite ont été aperçus dans les rues alentours, a constaté une journaliste de l'AFP.
Il n'y a pas de communication officielle des autorités congolaises pour le moment.
Les habitants sont terrés chez eux, l'eau et l'électricité sont coupées. Dimanche déjà, dans l'après-midi, des tirs d'armes automatiques étaient entendus dans la ville, comme nous le raconte cet habitant.
Des bus sont positionnés à la frontière rwandaise, prêts à évacuer des personnels de l'ONU et leurs familles venant de Goma, selon la TV publique rwandaise RBA, rapporte l'Agence France presse. « Les membres du personnel de l'ONU et leurs familles qui ont travaillé en RDC » sont en cours d'évacuation de Goma, avec des bus à la frontière « en attente pour les transporter vers Kigali, où ils embarqueront sur des vols vers leurs pays respectifs », a indiqué RBA sur X. Il n'y a pas d'agents de l'immigration à la frontière, selon nos informations.
Dimanche, la responsable de la mission de l'ONU en RDC Bintou Keita participait dimanche à la réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation en RDC. Elle y signalait que l'aéroport n'était plus fonctionnel pour des évacuations ou pour des opérations humanitaires. Les routes menant à Goma sont également coupées, affirme-t-elle.
Le président kényan William Ruto a annoncé dans un communiqué réunir « dans les prochaines 48 heures » un sommet extraordinaire de la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC) en présence des présidents Félix Tshisekedi de la RDC et du Rwanda Paul Kagame.
Les habitants tentent de fuir la ville
L’intensification des combats dans la soirée près de Goma puis les tirs dans la ville ont poussé également des habitants de la capitale provinciale à traverser la frontière vers le Rwanda, dans la ville frontalière de Gisenyi, dans le district de Rubavu, où se trouve notre correspondante, Lucie Mouillaud.
Devant la Grande Barrière, Nathan et sa famille font partie des derniers habitants de Goma à traverser avant la fermeture de la frontière dimanche, en milieu d’après-midi : « Goma maintenant, c’est un champ désert, il n'y a plus de courant, il n'y a plus d’eau, la population fait du mieux possible pour pouvoir survivre. Les bombes se font entendre de plus en plus fort ! Il y a même des coups de feu, j’étais dans ma chambre et j’ai commencé à entendre des coups de feu. Je crois que c’est ce qui a alerté mon père pour qu’on puisse traverser et évacuer la ville. »
« La peur, elle est là, on laisse nos biens, je viens qu’avec mon petit sac et la famille. On a tout laissé là-bas, on est venu tel qu’on est là, on n’est pas stable. On ne sait pas combien de temps, on va rester ici, on attend la situation, dès qu’elle finit, on va retourner à Goma, c’est chez nous » témoigne Alain Hemedi qui a, lui aussi, quitté la ville.
Pour beaucoup, le passage de la frontière n’est qu’une étape avant de prendre la route pour rejoindre Bukavu ou d’autres villes au Burundi ou en Ouganda. « On ne peut qu’espérer, ce qu’on souhaite, c’est que la paix soit rétablie. On ne vit que de ça, depuis notre enfance, donc on espère que la paix soit rétablie, en tout cas, c'est le souhait de tout le monde », affirme Axel Cikomero, commerçant de Goma.
Autres articles
-
Soudan: suite aux revers des FSR, le centre du pays passe aux mains de l'armée
-
Afrique centrale: la BEAC met en circulation une nouvelle gamme de pièces de monnaie
-
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'AES entament une visite en Russie
-
Terrorisme: quelles conséquences aura le départ du Niger de la Force multinationale mixte?
-
Dans le Cameroun anglophone, le droit de passage est un fardeau supplémentaire pour les familles endeuillées