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RDC: la vidéo d'une femme maltraitée par un médecin met en lumière la normalisation des violences obstétricales

En RDC, la diffusion, fin mars, d’une vidéo d’une femme nue venant d’accoucher et violemment battue par son médecin, a provoqué un fort émoi dans la population. Depuis, les violences obstétricales sont au cœur du débat public et, pour les organisations féministes, cela met en lumière le manque de sanctions contre ces violences, souvent trop peu documentées.



Un mouchoir dans les mains, Victoire, 28 ans, témoigne les larmes aux yeux. « Quand je pense à mon accouchement, que je vois mon enfant, je ressens encore à la douleur. J’ai cru que j’allais mourir », se remémore non sans douleur la jeune femme.
 
Il y a deux ans, elle a accouché dans un hôpital public de Kinshasa. Près de 48 heures de souffrances qui l’ont profondément traumatisées. « J’avais de fortes douleurs, je saignais beaucoup. Je n’ai pas réussi à pousser », relate Victoire, « les sages femmes m’ont insultée, elles m’ont dit que j’étais idiote et qu’elles allaient me laisser mourir. Elles m’ont frappé très fort les jambes, les cuisses, pour me forcer à pousser. »
 
Si ces violences obstétricales ne sont pas documentées, les témoignages sont nombreux, et questionnent le système de santé public. Pour Anny Modi, de l’organisation Afia Mama, « les violences obstétricales et gynécologiques ses sont normalisées et l’impunité fait que ces pratiques sont cachées sous le label de sauver une ou des vies ». Elle le reconnait, sauver une vie est nécessaire, « mais il faut, il que cela soit réalisé dans la dignité, dans le respect des droits de la personne et aussi dans le respect du consentement ».
 
Message de fermeté
Les organisations féministes appellent les autorités à prendre des mesures pour renforcer la qualité des soins dans les hôpitaux publics et réclament plus de médicaments et plus de matériels. Elles appellent aussi au respect de l’éthique des pratiques médicales. En RDC, il existe plusieurs textes qui régissent les pratiques médicales, et le plus important, c’est le code de déontologie. « La pratique médicale doit se faire dans le respect absolu du patient », souligne le docteur Berthier Nsadi, président de l’Ordre des médecins au Congo. S’il estime que ce type de phénomène est « marginal », il convient pour autant que cela va amener « des réflexions et une certaine évolution de nos textes (…) pour une meilleure réglementation dans le futur ».
 
Premier exemple en date, la suspension de trois mois par l’Ordre des médecins du docteur Balanganayi, au cœur de la polémique après avoir été filmé en train de violenter une patiente qui venait d'accoucher, en attendant le résultat de la commission disciplinaire initiée. De leur côté, les autorités congolaises affichent un message de fermeté. Toutes formes de violences contre une patiente, affirme le ministre de la Santé, est inadmissible dans un hôpital.
 
Et pourtant… Le docteur Balanganayi, qui encourrait jusqu’à 20 ans de prisons, a été condamné le 3 avril à deux mois de prison avec sursis. Il était poursuivi pour « tortures », « tentative de meurtre », « atteinte à l’intégrité physique » et « coups et blessures  ». Seuls les coups et blessures simples ont été retenus contre lui.

RFI

Lundi 20 Avril 2026 - 13:11


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