RDC: le rapatriement de Tshisekedi au cœur des tensions entre Kinshasa et l'UDPS

Une fois de plus, le rapatriement du corps d'Etienne Tshisekedi à Kinshasa a été reporté. L'opposant historique de République démocratique du Congo est mort à Bruxelles le 1er février dernier. Depuis, la question de son inhumation en RDC n'est toujours pas réglée faute d'accord entre sa famille, son parti et les autorités. L'UDPS renonce donc au rapatriement annoncé pour ce vendredi 12 mai.



Aux yeux de l’UDPS, le parti d'Etienne Tshisekedi, les conditions ne sont tout simplement pas réunies pour le retour apaisé de la dépouille mortelle de leur chef. En effet, depuis 24 heures, la tension est montée d'un cran avec l'incendie de ce camion de police stationné en face du siège de l'UDPS. Un policier est mort de ses brûlures, un autre est blessé.

L'UDPS dément toute implication dans cette attaque et dénonce un coup monté des autorités pour bloquer le retour de la dépouille mortelle, tout comme le fait que son parti soit fermé depuis et occupé par la police. Juste avant, il y a eu aussi l'interpellation de l'architecte en charge des travaux de construction du mausolée d'Etienne Tshisekedi.

Impossible d'enterrer Tshisekedi au siège de l'UDPS

Mardi 9 mai, une nouvelle fois, le gouverneur de Kinshasa a dit qu'il était impossible d'enterrer Etienne Tshisekedi au siège de l'UDPS. Une loi datant de 1914 l'interdirait. Le climat s'est fortement dégradé à l'approche de la date du retour de l'opposant historique, comme l'explique Jean Marc Kabund, secrétaire exécutif de l'UDPS pour justifier ce nouveau report :

« Nous sommes dictés par une volonté manifeste de la part du pouvoir de ne plus voir le corps du président Etienne Tshisekedi être rapatrié et être inhumé dans des conditions normales, a-t-il affirmé au micro de RFI. Nous avons estimé nécessaire de reporter le rapatriement afin de pouvoir discuter encore et de pouvoir obtenir de leur part un accompagnement dans ce processus, parce que l'on ne peut pas rapatrier son corps si le pouvoir n'est pas d'accord, s’il s’oppose à ce rapatriement. Le pouvoir a installé un climat de terreur, dans ces conditions nous ne pouvons pas rapatrier le corps du président Tshisekedi parce que le pouvoir n’est pas d’accord pour que le corps soit enterré dignement. »

Bientôt 100 jours depuis la mort du leader de l'opposition

Enterrer Etienne Tshisekedi dignement, c’est ce même argument qu'utilisent les autorités pour justifier l'interdiction qu'il soit inhumé au siège de l'UDPS. Eux proposent un cimetière, mais le parti d'opposition dit être d'accord pour que ce soit tout sauf un cimetière, qui ne serait selon eux pas digne de la stature d'Etienne Tshisekedi.

C'est un dialogue de sourd qui dure depuis des semaines. L'UDPS se dit prête ce mercredi 10 mai à reprendre des discussions avec les autorités pour trouver une solution. Vendredi, cela fera 100 jours qu'Etienne Tshisekedi est décédé.

C'est dans ce climat de tension entre pouvoir et opposition que le nouveau gouvernement a été nommé mardi. Un gouvernement qui là encore divise. Les ténors de l'opposition le qualifient tous d'illégitime car il a été nommé en dehors de l'accord signé entre le pouvoir et l'opposition le 31 décembre dernier.

Rfi.fr

Mercredi 10 Mai 2017 - 18:08



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