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RDC: visite du chef du HCR sur fond de tension humanitaire

Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a commencé mercredi 4 avril une visite officielle de quatre jours en RDC. Après une série de rencontres avec les autorités, des diplomates et des humanitaires, il se rendra dans l'est du pays vendredi 6 afin « d'évaluer la situation humanitaire et de s'entretenir avec des réfugiés et des personnes déplacées ». Une visite dans un climat particulièrement tendu alors que le gouvernement congolais refuse de participer à une conférence des donateurs à Genève le 13 avril coprésidée par l'ONU, sous risque de compliquer la tâche humanitaire.



C'est l'une des dix plus importantes populations de réfugiés dans le monde : le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) recense 740 000 Congolais réfugiés dans les pays voisins et prévoit qu'ils seront 800 000 d'ici la fin de l'année. Cela sans oublier les 540 000 réfugiés non-congolais que la RDC héberge sur son sol. C'est dire si le Congo est pays clé pour Filippo Grandi, le Haut-commissaire pour les réfugiés de l'ONU...
 
Fin mars, son agence a lancé un vaste appel de fonds pour récolter 504 000 millions de dollars, ce dont elle a besoin pour l’aide aux réfugiés congolais. Le cas échéant, elle devra revoir son assistance à la baisse. Avec de tels enjeux, nul ne doute que Filippo Grandi aurait sans doute rêvé d’un contexte plus apaisé pour cette visite.
 
Kinshasa refuse de participer à la conférence des donateurs de Genève ; le bras de fer qui l'oppose à la communauté humanitaire ne faiblit donc pas, notamment avec cette dernière étant accusée de noircir le tableau et de donner une « image catastrophique de la RDC ».
 
Une bataille des chiffres sur les réfugiés
 
Une illustration de ce climat de tension : en début de semaine, le gouverneur de la province du Kasaï central a dénoncé la décision du HCR de construire un camp en Angola prévu pour 50 000 réfugiés congolais. Inutile selon lui, alors que de nombreux Congolais seraient déjà rentrés sans difficulté. Mais en mars dernier, le HCR, lui, dénonçait des retours « forcés ».
 
Les chiffres avancés sont également au cœur de la bataille. Car la RDC évalue à 230 000 le nombre de déplacés dans le pays, alors que les humanitaires, eux, avancent le chiffre de plus de 4 millions.
 
Sans « harmonisation », « nous ne participerons pas »
 
Lambert Mende, ministre de la Communication congolais, continue à réclamer une réunion dit-il d’« harmonisation » avec les humanitaires. Sans cela, « l’évaluation sera fausse parce qu’elle sera fondée sur des données qui n’ont pas été confrontées avec les autorités congolaises, comme nous l’avons souhaité, dit-il. Si tel n'est pas le cas, nous ne participerons pas. »
 
Au risque que Kinshasa ne rende le travail humanitaire encore plus compliqué. Car « la première conséquence, c’est que nous ne permettrons pas à des gens de venir faire chez nous un travail auquel nous n’avons pas participé à la programmation », avertit-il.
 
« La RDC n’est pas un État sous tutelle des humanitaires »
 
Donc les humanitaires ne pourront plus venir faire leur travail d’assistance aux populations ? « Mais de quelle manière ils le feront, demande-t-il. Vous n’assistez pas quelqu’un contre son gré, ou sans l’associer. Vous ne m’assistez pas sans savoir exactement de quoi je souffre. Même un médecin ne fait pas cela avec son malade. Ils ne gèrent pas la RDC, la RDC n’est pas un État sous tutelle des humanitaires ».
 
« Je ne sais pas [si les règles d’accès aux humanitaires seront encore durcies – NDLR], tout dépend d’eux. On a encore le temps de se concerter pour confronter les données. Nous insistons là-dessus. Il faut qu’on nous prenne au sérieux ».

Rfi.fr

Jeudi 5 Avril 2018 - 12:03



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