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Ressources naturelles au Sénégal : Ousmane Sonko engage l'épreuve de vérité sur les contrats extractifs

Ce jeudi 12 mars 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko entame un cycle de communications publiques majeur consacré à la transparence dans la gestion des ressources naturelles. Ce point de presse entre dans le processus de réexamen des contrats miniers, pétroliers et gaziers engagés par les nouvelles autorités dès leur accession au pouvoir. PressAfrik plonge ses lecteurs dans la chronique des différentes sorties du premier ministre relatives aux renégociations des contrats miniers, gaziers et pétroliers.



Devant l'Assemblée nationale, le 24 février dernier, le Premier ministre avait exprimé sa vive frustration face à la faiblesse des retombées financières du pétrole et du gaz exploités au Sénégal. Qualifiant la gestion du régime précédent de « bazardage », il a souligné que les recettes pétrolières attendues pour 2026 ne s'élèvent qu'à 76 milliards FCFA, contre 128,6 milliards projetés pour 2027 et 104 milliards pour 2028. Pour rappel, en 2024, le gouvernement a mis en place une commission ad hoc pluridisciplinaire chargée de réexaminer l'ensemble des contrats du secteur extractif. Cette initiative était justifiée par la volonté de rééquilibrer des accords jugés défavorables à l'intérêt national.

Lors d'un atelier d'évaluation en août 2025, le chef du gouvernement avait dénoncé des « violations massives » dans les contrats passés, pointant du doigt le choix d'opérateurs peu crédibles et le recours aux paradis fiscaux. « Nous ne voulons plus un code permissif qui conviendrait à tout le monde sauf au peuple sénégalais », a martelé le Premier ministre. D'après Ousmane Sonko, depuis leur arrivée aux affaires, le gouvernement travaille à réviser tous les dispositifs législatifs pour les rendre « les plus favorables aux intérêts du Sénégal ».

Cela inclut le code pétrolier, le code minier, le code gazier et tous les textes connexes. « Dans le cadre de la seconde phase, c'est-à-dire les renégociations pour lesquelles nous avons mis sur pied un comité de relecture au niveau de la Primature, un travail important est en train d'être fait, parce que les codes, tels qu'ils sont actuellement, n'ont pas été créés dans le meilleur intérêt de notre pays », avait -t-il déploré.

Dans le cadre des travaux de la commission, le Premier ministre avait  dressé une liste de constats, notamment le  non-paiement des taxes et redevances, la prolifération d'exonérations fiscales et douanières, le non-respect des dispositions légales pour la protection de l'environnement et des communautés riveraines, la non-effectivité de l'application de la loi sur le contenu local du secteur extractif, la manipulation des prix de transfert, le non-approvisionnement du marché en gaz naturel, l'absence de contrôle systémique sur les quantités extraites, etc. « C'est autant de constats qui établissent que le manque à gagner a été énorme pour l'État du Sénégal depuis plusieurs années », ajoute-t-il.

Pour lui, le travail consiste à revisiter tous les contrats et conventions, à en dénicher les imperfections et à poser le débat sur la table des partenaires pour « essayer de rattraper ce qui est rattrapable. Cela va sans dire qu'il faut également situer les responsabilités des auteurs étatiques de ces pratiques ».  Le point de presse de ce jeudi portant sur la « renégociation des conventions et contrats dans les secteurs stratégiques »  du Sénégal semble être une délibération des travaux de la commission Ad Hoc.

Fodé Bakary Camara

Jeudi 12 Mars 2026 - 14:39


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