Connectez-vous S'inscrire
PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)

Restes humains sénégalais en France : au moins 106 cas recensés sans aucune demande de restitution de l'État



L’État du Sénégal n'a formulé aucune demande officielle de restitution concernant les restes de résistants sénégalais conservés en France, a révélé le député Guy Marius Sagna après avoir reçu une réponse écrite du gouvernement. Les autorités justifient cette situation par l’absence de requêtes directes de la part des familles des descendants ou de recommandations émises par les chercheurs.

«Le Gouvernement n'a pas reçu de requêtes allant dans ce sens de la part des descendants des héros de la résistance à la colonisation. Il n'a pas également reçu de recommandations issues de travaux de chercheurs ou historiens qui suggéreraient la récupération de restes emportés par l'ancienne puissance coloniale», ont expliqué les autorités  du pays.

Les données du recensement

Selon le député, les archives historiques indiquent qu'en 1891, six crânes ont été donnés au musée Broca à Paris par le commandant Émile Roux, incluant les restes de cinq hommes exécutés à Bakel le 25 janvier 1891 dont l'identité exacte n'est pas renseignée. Par ailleurs, un décompte provisoire publié par le journal Le Monde le 8 octobre 2026 fait état d'au moins « 106 restes humains d'origine sénégalaise » recensés au Muséum national d'histoire naturelle. Sur le plan juridique, la législation française autorise depuis décembre 2023 la restitution de restes humains à des fins funéraires, une procédure par laquelle Madagascar a obtenu la restitution de trois crânes en août 2025.

Face à cette situation, Guy Marius Sagna demande au gouvernement de présenter le bilan des travaux de la Direction du patrimoine culturel (DPC) et les conclusions de la commission spéciale installée en 2021. Ses requêtes portent notamment sur «des vérifications officielles auprès des institutions françaises pour localiser et identifier les restes concernés».

Enfin, il dit vouloir proposer «une mission d'information parlementaire qui permettrait d'examiner les dossiers, de contrôler les démarches entreprises et d'en suivre les résultats». Pour lui, les morts sénégalais «ne sont pas des biens culturels à transférer d'une collection française vers une collection sénégalaise», rappelant que leur restitution doit permettre une «sépulture digne et les honneurs qui leur sont dus, dans le respect des familles et des communautés concernées».

Dia Koussa

Dimanche 11 Octobre 2026 - 14:27


div id="taboola-below-article-thumbnails">

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter