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Surpopulation carcérale: une ONG malgache forme les détenus sur leurs droits

A Madagascar, la surpopulation carcérale est de plus en plus inquiétante. Actuellement, les 82 prisons du pays comptent 20 000 détenus alors que leur capacité maximum est de 10 000 places. Cette surpopulation carcérale est due en grande partie aux nombreuses détentions préventives devenues monnaies courantes dans le pays. L'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) a organisé pendant deux jours à Antananarivo un atelier de formation sur les droits des détenus à destination du personnel pénitentiaire et judiciaire. Objectif : lutter contre les détentions préventives abusives et prévenir les violations des droits des détenus en attente de jugement.



Sur les 20 000 détenus dans les prisons de Madagascar, la moitié attend encore leur procès. Pour l'ACAT, nombre de ces détentions préventives pourraient être évitées. « Par exemple, si la loi prévoit qu’on peut avoir un maximum total de six mois de détention préventive et que la personne est déjà en détention depuis huit mois, si le délit prévoit une peine de six mois et que la personne est là depuis sept mois, on est en détention préventive abusive », explique Marie Salphati, la représentante de l'ONG aux Nations unies.
 
À l'origine de ces détentions préventives irrégulières, des magistrats en sous-effectif. Certains dossiers de prévenus peuvent attendre des mois avant d'être traités. Même constat chez le personnel pénitentiaire.
 
Dans la prison d'Antanimora, à Antananarivo, un agent surveille 30 détenus. Un manque d'effectif, mais aussi de formation, pour Rabodomalala Rasoanaivo, la directrice de l'administration pénitentiaire de la région d'Analamanga : « Il faut leur apprendre à respecter les droits des détenus, surtout lorsqu’on a constaté des abus en matière de détention et des mauvais traitements ».
 
Les conditions de détention se dégradent de plus en plus, explique Rabodomalala Rasoanaivo, le coordonnateur du projet de lutte contre la détention préventive abusive : « Le but, c’est surtout de faire libérer les détenus faisant l’objet d’une détention irrégulière et de diminuer la surpopulation carcérale. Une étude de 2010 a pu mettre en valeur que 50% des détenus souffrent de stress psychologique à cause de cette surpopulation carcérale ».
 
Détresse psychologique, mais aussi malnutrition et accès au soin quasi inexistant. Dans la prison d'Antanimora, les détenus ne mangent que 250 grammes de manioc par jour. 

Rfi.fr

Vendredi 28 Juillet 2017 - 14:13



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