« Cela peut paraître insensé, incroyable qu’un chef d’État, à notre époque, meure au front. Pourtant, c’est bien la simple vérité. » Dans le canapé noir d’un bureau rénové à l’occasion de la transition, un ancien conseiller d’Idriss Déby, quarante années de politique tchadienne au compteur, évacue d’emblée toute « théorie alternative ». Comme de nombreux dignitaires rencontrés récemment à Ndjamena, il ne croit pas à toute autre thèse que l’officielle. « Mourir au combat, c’est d’ailleurs ce que Déby aurait voulu, il le répétait assez souvent à ses interlocuteurs », renchérit un membre du Conseil militaire de transition, qui y voit une forme de « mektoub », de fatalité du destin : « Celui qui est mort est mort, et nous sommes tous entre les mains de Dieu. » Peut-être pour des raisons religieuses et culturelles, personne ne semble vouloir réveiller le mort, connaître très exactement la manière dont il a succombé à ses blessures sur un champ de bataille dans le Kanem. La recherche de détails se heurte souvent à des haussements d’épaules. « On entend tout et n’importe quoi mais il est mort en soldat, point. Le reste, c’est du tapage », s’agace le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa. « Nous savons ce qui doit être su », abonde un conseiller actuellement à la présidence.
Tous balaient la théorie alternative d’un complot contre le chef de l’État, ou d’un règlement de comptes au sein du clan. Cette théorie a surgi très vite et s’est appuyée notamment sur le fait qu’à notre connaissance, aucune autopsie du défunt n’a été pratiquée. On ne sait pas non plus avec certitude qui a pu voir le corps du défunt, à l’exception du président de la Cour suprême, Samir Adam Annour, chargé de constater la vacance du pouvoir, et qui n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Le manque de transparence des officiels, les trous dans leur récit, tout cela est accueilli avec circonspection hors des cercles du pouvoir. « Même quand on demande des précisions sur les circonstances de sa mort à ceux qui étaient sur place, personne n’a de réponse précise. lls disent : "On l’a trouvé blessé, il est mort". Et c’est tout. C’est étrange », souligne un ancien membre de l’appareil sécuritaire. Chacun, des leaders politiques de l’opposition au Tchadien lambda, assure ne pas croire à la parole officielle « sans aucune crédibilité », se demande « à qui profite le crime », tout en n’ayant aucun élément permettant d’accréditer une autre version. « Les gens sont convaincus que c’est faux, mais il se dit tellement de choses, on ne sait qui croire », synthétise Me Max Loalngar, le porte-parole de Wakit Tama (coalition d’opposition regroupant syndicats, partis et organisations de la société civile, créée pour dénoncer le sixième mandat d’Idriss Déby). À l’instar des opposants Succès Masra ou Yaya Dillo, il demande toujours une « enquête réellement indépendante ». Comme l’avait fait l’an dernier l’Union africaine. Dans son communiqué du 14 mai 2021, le Conseil paix et sécurité de l'UA avait demandé expressément aux autorités « d'accélérer l'enquête officielle sur l'assassinat brutal de l'ancien président », mais sa requête est donc restée sans suite.
Tous balaient la théorie alternative d’un complot contre le chef de l’État, ou d’un règlement de comptes au sein du clan. Cette théorie a surgi très vite et s’est appuyée notamment sur le fait qu’à notre connaissance, aucune autopsie du défunt n’a été pratiquée. On ne sait pas non plus avec certitude qui a pu voir le corps du défunt, à l’exception du président de la Cour suprême, Samir Adam Annour, chargé de constater la vacance du pouvoir, et qui n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Le manque de transparence des officiels, les trous dans leur récit, tout cela est accueilli avec circonspection hors des cercles du pouvoir. « Même quand on demande des précisions sur les circonstances de sa mort à ceux qui étaient sur place, personne n’a de réponse précise. lls disent : "On l’a trouvé blessé, il est mort". Et c’est tout. C’est étrange », souligne un ancien membre de l’appareil sécuritaire. Chacun, des leaders politiques de l’opposition au Tchadien lambda, assure ne pas croire à la parole officielle « sans aucune crédibilité », se demande « à qui profite le crime », tout en n’ayant aucun élément permettant d’accréditer une autre version. « Les gens sont convaincus que c’est faux, mais il se dit tellement de choses, on ne sait qui croire », synthétise Me Max Loalngar, le porte-parole de Wakit Tama (coalition d’opposition regroupant syndicats, partis et organisations de la société civile, créée pour dénoncer le sixième mandat d’Idriss Déby). À l’instar des opposants Succès Masra ou Yaya Dillo, il demande toujours une « enquête réellement indépendante ». Comme l’avait fait l’an dernier l’Union africaine. Dans son communiqué du 14 mai 2021, le Conseil paix et sécurité de l'UA avait demandé expressément aux autorités « d'accélérer l'enquête officielle sur l'assassinat brutal de l'ancien président », mais sa requête est donc restée sans suite.
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