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Troisième tour des législatives en RCA: une équation à plusieurs inconnues

Ce dimanche 23 mai se déroule en Centrafrique un nouveau tour des législatives. Le troisième d'une élection tourmentée. Aujourd'hui, 90 députés siègent déjà officiellement, mais 50 sièges restent à pourvoir. L'enjeu sécuritaire est toujours présent, mais ce scrutin voit aussi l'émergence de nouveaux candidats.



Le premier tour, le 27 décembre, avait été fortement perturbé par la rébellion Coalition des patriotes pour le changement (CPC), empêchant près de la moitié de la population d'aller aux urnes. Le 14 mars, on a donc voté à nouveau pour un premier tour dans les circonscriptions qui n'avaient pas pu aller aux urnes, ainsi que dans celles où un second tour était nécessaire. Ce dimanche 23 mai, cinquante sièges seront concernés, avec huit circonscriptions qui devraient aller voter pour la première fois.
 
Sur le plan sécuritaire, plusieurs circonscriptions n’avaient pas pu voter lors des précédents scrutins. À Bakouma, par exemple zone minière de l'est du pays, tenue jusqu’à récemment par les groupes armés, les ponts, qui avaient été détruits ont été réparées. La 3ᵉ tentative de vote pourrait être la bonne. D’autant que l’ensemble des forces sont mises à contribution : FACA, casques bleus, ainsi que les « instructeurs » russes, selon le rapporteur général de l’ANE.
 
Si les forces armées centrafricaines et leurs alliés ont annoncé la reprise des principales villes, la sécurité reste néanmoins un enjeu majeur. Le Réseau arc-en-ciel comte déployer 500 observateurs sur le terrain, son coordinateur national Ali Ousmane est optimiste sur le déroulement du scrutin.
 
« Tout est prêt pour que les élections puissent se tenir dans des bonnes conditions, affirme-t-il, parce que la plupart de notre territoire a été libéré, et les électeurs qui hier, à Bakouma, ne pouvaient pas voter, aujourd'hui peuvent le faire, parce que les forces de sécurité sont sur place. Donc, je crois que nous allons minimiser les risques d'insécurité. Les gens vont voter en toute sérénité. Il y a une peur relative, mais il faut toujours veiller parce qu'il peut y avoir des gens qui peuvent interrompre le processus ici ou là. Donc, la mission des forces de sécurité, ça relève des forces de sécurité. Je crois que l'Etat va veiller. Ca relève du ministère de la Défense, du ministère de la Sécurité, et puis il y a nos partenaires qui sont là, la Minusca et autres. Donc, tout ce monde là, chacun en ce qui le concerne, mettra tout son sérieux pour assurer une sécurité totale le jour du vote. »
Sur le plan politique, le Mouvement cœurs unis du président Touadéra et ses partis alliés comptent déjà une quarantaine de sièges au sein de l'Assemblée. Ils ne sont plus très loin de la majorité absolue, un objectif qui semble atteignable lors de ce nouveau tour du scrutin.
 
22 élus sans-étiquette
Mais cette nouvelle Assemblée nationale sera surtout marquée par la place des indépendants. Ils sont déjà 22 à avoir été élus. Et de nombreux autres sont encore sur les rangs. Il s'agit d'une nouveauté dans le paysage politique centrafricain. Certains observateurs voient dans le nombre de ces candidats sans étiquette l'émergence d'une nouvelle classe politique qui veut se démarquer des partis traditionnels.
 
D’autres soulignent qu’une part des candidats ou élus indépendants sont déjà connus pour leur proximité avec la majorité présidentielle. Une proportion encore difficile à évaluer. L’enjeu est important. Les tractations auprès de ces personnalités sans couleur officielle ont déjà débuté à Bangui. Mais au-delà, les enjeux politiques semblent limités. Le président de l’Assemblée nationale, le bureau, les commissions sont déjà en place, et majoritairement acquises au pouvoir.
 
Meckassoua en ballotage
Localement, cependant, dans le 3e arrondissement de Bangui, l’ancien locataire du perchoir, l’opposant Abdou Karim Meckassoua, se trouve en ballotage face au candidat soutenu par le parti présidentiel.
 
Sous le coup d’une demande de levée de son immunité parlementaire, il risque des poursuites judiciaires s’il perd son fief au PK5. Enfin sur le plan de la parité, la bataille est déjà perdue, avec 10 députées élues et seulement 10 autres candidates en lice aujourd’hui.

RFI

Dimanche 23 Mai 2021 - 10:39


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