Affrontements de Bamenda: des «illuminés et démagogues» selon le gouvernement

Après les derniers affrontements entre police et manifestants jeudi 8 décembre à Bamenda, l'un des fiefs de la minorité anglophone en colère, qui ont fait «au moins deux morts» selon le pouvoir, le gouvernement camerounais s'est exprimé hier vendredi. Pour Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication, ces violences sont le fait de «démagogues» et d'«illuminés».



Ces affrontements sont « un phénomène aussi inacceptable qu’incompréhensible », assure le ministre de la Communication. « Quelques-uns de nos compatriotes ont brûlé le drapeau du Cameroun, ont hissé le leur à la place… Profanation ! Désacralisation ! Situation inacceptable… Ce qui se passe aujourd’hui à Bamenda, ce sont simplement des démagogues, des illuminés qui pensent qu’ils peuvent remettre en cause notre vouloir vivre ensemble, amputer une partie de notre territoire, chose impensable, inacceptable !»

Selon l'opposition une vingtaine de personnes restaient introuvables. Les opposants affirment que les policiers ont tiré à balles réelles sur les protestataires. Et il est très difficile de connaître le nombre de victimes car, selon toujours selon les opposants, les forces de l'ordre ont emmené dans une camionnette les personnes touchées par des tirs. Des accusations reprises par Amnesty International qui demande l'ouverture urgente d'une enquête.

Le ministre s’insurge de ces suspicions. Je voudrais dire à ces messieurs d’Amnesty international une seule chose a tancé le ministre : « nos forces de sécurité disposent de moyens non létaux, reçoivent des formations en permanence pour que -dans le cadre d’une confrontation de cette nature- ils opèrent tout en protégeant l’intégrité physique, la vie des uns et des autres… Amnesty se met aujourd’hui en mode de déni de compétence à l’égard de notre gouvernement ».

Le ministre invite l’organisation de défense des droits de l’homme à venir au Cameroun pour voir les équipements et l’entraînement des forces de sécurité. « Le chef de l’Etat a demandé une enquête, poursuit Issa Tchiroma Bakary. S’il s’avère qu’il y a eu un loupé, quelles que soient ses origines, les responsables seront interpelés et déférés devant nos tribunaux pour subir la rigueur de la loi ».


Rfi.fr

Samedi 10 Décembre 2016 - 08:53



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