Les premières images du chef de l’État algérien, Abdelaziz Bouteflika, victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) et hospitalisé en France depuis le 27 avril ont été diffusées en boucle, mercredi 12 juin, par la télévision publique algérienne. Et pour des images muettes - un extrait de trois minutes a été diffusé sans aucun son - le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles font beaucoup parler en Algérie.
À commencer par la presse algérienne qui s’est majoritairement montrée dubitative et alarmiste sur l’état de santé du président algérien que l’on voit porter une tasse de café à sa bouche et bougeant mieux du côté droit que du côté gauche ses membres supérieurs. Il était accompagné du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et du chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, dans un salon de l'Institution militaire des Invalides, à Paris
"Bouteflika très affaibli par la maladie", titre le quotidien francophone "El Watan" qui évoque un dirigeant "considérablement diminué". Pour le journal francophone "Liberté", ces images ne font "que relancer [les rumeurs] de plus belle". De son côté, le quotidien francophone "L'Expression" se demande "pourquoi n'a-t-on pas entendu un mot, une phrase du président à l'adresse du peuple ? Est-il capable de se déplacer ?"
"Un message envoyé aux Algériens"
Même son de cloche du côté de la presse arabophone, notamment pour "El Khabar" qui estime que les images qui ont été diffusées "démentent les propos rassurants", ou encore qu’elles ne "mettent pas fin à l'interrogation sur sa capacité à gouverner".
Seule la presse proche du pouvoir s’est dite rassurée par les images d’Abdelaziz Bouteflika, notamment le quotidien arabophone "Ennahar" qui titre en une : "Trois minutes qui font taire ceux qui complotent contre Bouteflika". Pour sa part, le journal gouvernemental "El Moudjahid" a mis l’accent sur les instructions données par le chef de l’État à son Premier ministre.
"Les images du président envoient un message aux Algériens qui consiste à dire que votre président est vivant mais il n’est pas certain qu’il soit encore capable de diriger le pays", explique Karim Hakiki, grand reporter à FRANCE 24, qui était en Algérie il y encore quelques jours. Et d’ajouter : "Les Algériens disent qu’on est déjà dans l’après-Bouteflika, en coulisses, des noms commencent à s’imposer et à investir l’espace médiatique et politique pour, justement, préparer l’après-Bouteflika".


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