Trente trois mineurs sous terre depuis plus de deux mois ont revu la lumière du jour au Chili le 13 octobre 2010 (13/10/10 = 33) pendant que 163 étudiants haïtiens échappés de l'enfer terrestre de janvier arrivaient au Sénégal, neuf mois plus tard, le temps d'une grossesse. 196 miraculés d'une terre mère aride, sèche mais généreuse, qui ouvre ses entrailles pour nourrir ses enfants de ses biens, richesse naturelle tirée d'un sein rabougri et flasque mais nourricier, dans le désert chilien, comme dans la pierraille haïtienne, source de vie. Après les tonnes de gravats sous lesquelles le pays a ployé sans jamais se courber, là où, comme le dit le poète, la Négraille est restée débout dans un océan esclavagiste. Et ceci dès l'aube des temps.
Les mineurs chiliens ensevelis en août étaient attendus à la vie libre en décembre ; ils sont venus prématurément, le 13 octobre et encore moins des 24 heures prévues ; les étudiants haïtiens programmés pour le 10 ne viendront que le 13, comme pour sortir de terre en même temps que ces autres miraculés de l’Amérique latine, Chiliens, dans leur majorité, mais aussi de zone culturelle bolivienne.
Le grand Trek haïtien voulu dès l’entame par Wade ne se fera pas : l’exode en sens inverse, le retour vers la terre promise, le Sénégal l’attendait toujours, depuis l'indépendance des États africains, comme cela s’est déjà vérifié sous Senghor ; les Haïtiens devaient revenir chez eux. Nous sommes certes loin du village, de la ville, du département, de la région : en dehors de Dakar, Saint-Louis et Thiès, zones intellectuelles d'exploration des talents des étudiants, un campus haïtien à l'intérieur du lycée Blaise Diagne suffira pour les convaincre qu'ils sont partout chez eux au Sénégal.
Sous 700 mètres de profondeur ou sous les décombres des amphithéâtres qui ont englouti nombre de compères et de professeurs, mineurs chiliens et populations haïtiennes ont gardé l'espoir et la foi. Sans jamais avoir être seuls, ils ont vécu pour eux-mêmes, leur famille, leurs amis, leurs compatriotes et leur religion. Aujourd'hui, Chiliens, Boliviens, Haïtiens et Sénégalais vérifient l'élan de solidarité et de sympathie international qui est allé au-delà de la douleur et du choc des éboulements, pour se manifester dans le temps et l'espace : tout un peuple s'est solidarisé avec 33 mineurs que l'on a d'abord cru morts et ensevelis sous les gravats avant de vérifier 17 jours après le miracle de la vie, de la survie et de la renaissance, au sens littéral ; il en fut de même à Port-au-Prince qui a vérifié que l'ile n'était pas isolée, qu'elle n'était pas sortie du monde, qu'elle en était une composante essentielle puisqu'elle a irrigué l'Humanité de sa culture et qu'elle est le bêcheur de la race nègre, comme dirait Césaire.
Wade pouvait très bien comprendre le bénéfice à tirer de la situation, en ce cinquantenaire des indépendances africaines devant la Négraille qui avait ouvert la voie depuis deux siècles ; année culturelle par excellence, 2010 devait aider à extirper les naufragés de la dure pierraille pour les présenter devant le granit et le bronze de la Renaissance africaine. Surtout qu'il s'agissait de rattraper le temps perdu depuis 2004.
Ouagadougou (26-27 novembre 2004) avait en effet révélé le subit intérêt des Caraïbes pour l'homme du Plan Oméga, du Nepad, du plan de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire, etc..., au demeurant le plus diplômé d'Afrique, de Casablanca au Cap, comme disait naguère Ousmane Ngom : Haïti appelait déjà Wade au secours ; deux hauts diplomates (le ministre des Affaires étrangères et celui des Finances) confirmaient l'invitation du Premier ministre au chef de l'État sénégalais que le monde entier considérait alors comme le seul capable d’aider à apaiser l'espace politique et social national et international
Wade avait été invité à Port-au-Prince pour aider à la solution de la crise haïtienne avec l'éviction du président Aristide par les États-Unis et la France le 29 février 2003 ; il était alors porteur d'un très grand espoir pour les dirigeants locaux, en butte à l'irrédentisme des supporteurs du président déchu. Malheureusement, son calendrier ne lui permit d'autant pas d'y aller qu'il n'y avait aucune urgence électorale ni culturelle. Aujourd'hui, avec le Festival mondial des arts négro-africains de décembre, la volonté de remettre à l'honneur le sang négro-africain par-delà le temps et l'espace explique bien l'intérêt pour Haïti et ses étudiants, c'est-à-dire ceux par lesquels le génie noir doit éclore ! C’est tout le sens du geste non point tant d’un homme exceptionnel que d’une situation originale, moment de grande communication internationale.
Les mineurs chiliens ensevelis en août étaient attendus à la vie libre en décembre ; ils sont venus prématurément, le 13 octobre et encore moins des 24 heures prévues ; les étudiants haïtiens programmés pour le 10 ne viendront que le 13, comme pour sortir de terre en même temps que ces autres miraculés de l’Amérique latine, Chiliens, dans leur majorité, mais aussi de zone culturelle bolivienne.
Le grand Trek haïtien voulu dès l’entame par Wade ne se fera pas : l’exode en sens inverse, le retour vers la terre promise, le Sénégal l’attendait toujours, depuis l'indépendance des États africains, comme cela s’est déjà vérifié sous Senghor ; les Haïtiens devaient revenir chez eux. Nous sommes certes loin du village, de la ville, du département, de la région : en dehors de Dakar, Saint-Louis et Thiès, zones intellectuelles d'exploration des talents des étudiants, un campus haïtien à l'intérieur du lycée Blaise Diagne suffira pour les convaincre qu'ils sont partout chez eux au Sénégal.
Sous 700 mètres de profondeur ou sous les décombres des amphithéâtres qui ont englouti nombre de compères et de professeurs, mineurs chiliens et populations haïtiennes ont gardé l'espoir et la foi. Sans jamais avoir être seuls, ils ont vécu pour eux-mêmes, leur famille, leurs amis, leurs compatriotes et leur religion. Aujourd'hui, Chiliens, Boliviens, Haïtiens et Sénégalais vérifient l'élan de solidarité et de sympathie international qui est allé au-delà de la douleur et du choc des éboulements, pour se manifester dans le temps et l'espace : tout un peuple s'est solidarisé avec 33 mineurs que l'on a d'abord cru morts et ensevelis sous les gravats avant de vérifier 17 jours après le miracle de la vie, de la survie et de la renaissance, au sens littéral ; il en fut de même à Port-au-Prince qui a vérifié que l'ile n'était pas isolée, qu'elle n'était pas sortie du monde, qu'elle en était une composante essentielle puisqu'elle a irrigué l'Humanité de sa culture et qu'elle est le bêcheur de la race nègre, comme dirait Césaire.
Wade pouvait très bien comprendre le bénéfice à tirer de la situation, en ce cinquantenaire des indépendances africaines devant la Négraille qui avait ouvert la voie depuis deux siècles ; année culturelle par excellence, 2010 devait aider à extirper les naufragés de la dure pierraille pour les présenter devant le granit et le bronze de la Renaissance africaine. Surtout qu'il s'agissait de rattraper le temps perdu depuis 2004.
Ouagadougou (26-27 novembre 2004) avait en effet révélé le subit intérêt des Caraïbes pour l'homme du Plan Oméga, du Nepad, du plan de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire, etc..., au demeurant le plus diplômé d'Afrique, de Casablanca au Cap, comme disait naguère Ousmane Ngom : Haïti appelait déjà Wade au secours ; deux hauts diplomates (le ministre des Affaires étrangères et celui des Finances) confirmaient l'invitation du Premier ministre au chef de l'État sénégalais que le monde entier considérait alors comme le seul capable d’aider à apaiser l'espace politique et social national et international
Wade avait été invité à Port-au-Prince pour aider à la solution de la crise haïtienne avec l'éviction du président Aristide par les États-Unis et la France le 29 février 2003 ; il était alors porteur d'un très grand espoir pour les dirigeants locaux, en butte à l'irrédentisme des supporteurs du président déchu. Malheureusement, son calendrier ne lui permit d'autant pas d'y aller qu'il n'y avait aucune urgence électorale ni culturelle. Aujourd'hui, avec le Festival mondial des arts négro-africains de décembre, la volonté de remettre à l'honneur le sang négro-africain par-delà le temps et l'espace explique bien l'intérêt pour Haïti et ses étudiants, c'est-à-dire ceux par lesquels le génie noir doit éclore ! C’est tout le sens du geste non point tant d’un homme exceptionnel que d’une situation originale, moment de grande communication internationale.
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