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Congo Hold-up: les comptes opaques de la Commission électorale de 2011

En République démocratique du Congo, la fuite de plusieurs millions de documents et de transactions à la BGFIBank révèle l’ampleur des détournements des fonds publics, y compris sur les comptes d’institutions comme la Commission électorale. Les suspicions de surfacturation n’ont pas commencé avec les élections de 2018. Retour sur la gestion des élections de 2011.



« En 2011, personne ne croyait qu’on allait y arriver. Mais le président Joseph Kabila (2001-2019) était intransigeant, il voulait en finir au plus vite avec ces élections et craignait des troubles », se souvient un ancien membre de la Commission électorale de la République démocratique du Congo (RDC). « On a frappé à toutes les portes pour obtenir de l’aide, les délais étaient trop serrés. » L’organisation des élections présidentielle et législatives de 2011 a sans nul doute constitué un défi logistique majeur, les deux scrutins ont eu lieu trois mois et demi seulement après l’adoption de la loi électorale et des bulletins de vote gigantesques ont dû être imprimés moins de six semaines avant. C’est la première fois que la centrale électorale congolaise se retrouve en première ligne pour organiser ces scrutins.
 
Pour ses premières élections libres en 2006, à l’issue de près de deux décennies de guerre, la RDC n’avait payé que 48,5 millions de dollars. C’est la communauté internationale qui avait assuré plus de 91% de son financement. Pour l’enrôlement, cinq scrutins et un référendum constitutionnel organisés entre 2005 et 2006, cela n’avait coûté « que » 546,2 millions de dollars, participation du gouvernement congolais incluse.
 
En janvier 2011, Joseph Kabila obtient, dans des circonstances troubles et malgré les protestations, une révision de la Constitution qui fait passer l’élection présidentielle à un seul tour. La communauté internationale diminue son soutien, mais finance encore le processus à hauteur de 32%, soit environ 223 millions de dollars sur près de 700 millions de dollars de dépenses effectuées pour ce deuxième cycle électoral (2011-2012), dont 90 millions pour une simple révision du fichier. Tous ces chiffres font partie des informations transmises par la centrale électorale congolaise à la BGFIBank et que l’on retrouve parmi les plus de dix millions de documents et transactions bancaires enregistrés à la BGFIBank et obtenus par la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte d’Afrique (PPLAAF) et le site d’information français Mediapart.
 
On y apprend aussi que le 20 janvier 2011, quand Joseph Kabila promulgue la réforme de la Constitution, des émissaires du pasteur Ngoy Mulunda, futur président de la Commission électorale, rencontrent une équipe de la BGFIBank pour obtenir un premier prêt. Au cours de cette conversation, le montant du budget alloué par l’État congolais aux élections est évoqué. Il devait être de 350 millions de dollars. Le tarif inclut à l’époque la présidentielle, les législatives nationales et provinciales. Dans les onze mois qui suivent, le budget de ces élections va doubler, alors même que seules la présidentielle à un tour et les législatives nationales seront organisées.

RFI

Jeudi 25 Novembre 2021 - 08:24


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