Les régions sont le dernier vestige de l’ancien monde. Celui d’avant l’élection d’Emmanuel Macron où le Parti socialiste et Les Républicains dominaient le jeu politique. Mais le 27 juin, au soir du second tour, la carte de France des régions ne sera plus rose d’un côté, bleue de l’autre. Il y aura forcément des nuances de couleurs au gré des alliances qui auront été scellées. Un an avant la présidentielle, les résultats des régionales présenteront une photographie de la recomposition du paysage politique engagée en 2017. Qui seront les vainqueurs, qui seront les perdants ? Dans chaque camp, les enjeux sont importants.
Les Républicains (LR) sont ceux qui ont le plus à perdre, puisqu’ils ont été les vainqueurs du dernier scrutin. Ils sont à la tête de sept exécutifs dans l’Hexagone. Mais depuis les élections de 2015, deux présidents de région ont quitté le giron du parti : Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France et Valérie Pécresse en Île-de-France, qui sont aussi les deux des principaux prétendants de la droite à la candidature à la présidentielle. Affaiblis par l’affaire Fillon et la défaite en 2017, Les Républicains sont à la recherche d’un nouveau souffle qu’ils n’arrivent pas à trouver faute de leader incontesté. Ils se présentent à ce scrutin divisés sur la ligne politique et la question des alliances, pris en étau par le Rassemblement national (RN) et La République en marche (LaREM), Marine Le Pen et Emmanuel Macron. L’épisode de la tentative d’alliance en Provence-Alpes-Côte d’Azur entre le président sortant LR, Renaud Muselier, et la majorité présidentielle, avec rétropédalages et négociations secrètes, qui ont fait le jeu du RN, illustre cette difficulté existentielle. Les Républicains doivent absolument limiter les dégâts s’ils veulent rester dans la course pour 2022.
Le Rassemblement national est, au contraire, le parti qui a le plus à gagner. Les régionales peuvent lui permettre de créer une dynamique pour sa candidate à la présidentielle, surtout s’il arrive à percer le plafond de verre et à s’emparer d’un exécutif régional. La digue du front républicain, qui a fonctionné pour l’en empêcher en 2015, paraît moins solide cette fois-ci. En Provence-Alpes-Côte d’Azur ou dans les Hauts-de-France, les candidats RN, respectivement Thierry Mariani et Sébastien Chenu, tous deux issus des LR, sont en bonne position. Le Rassemblement national paraît dans tous les cas en situation de progresser et d’engranger de nouveaux élus dans les régions et les départements.
Le front républicain en question
La gauche : c’est le Parti socialiste qui est le plus en danger. Exsangue depuis la présidentielle, il peut perdre les derniers oripeaux de sa splendeur passée. Il dirige actuellement six régions métropolitaines, notamment l’Occitanie, dirigée par Carole Delga ou la Bourgogne-Franche-Comté avec Marie-Guite Dufay. Les socialistes abordent cette élection en état de faiblesse. Les écologistes espèrent, eux, profiter aux régionales de l’élan provoqué par leurs bons résultats aux européennes et aux municipales pour entériner leur leadership à gauche. Mais la situation leur est moins favorable et ils pourraient souffrir de l’impact de plusieurs polémiques comme celle autour de la campagne d’affiche de Julien Bayou en Île-de-France qui stigmatisait les électeurs âgés, les « boomers ». Le Parti communiste et La France insoumise adaptent leurs alliances dans chaque région.
Pour la gauche, le défi des régionales est le même que celui de la prochaine présidentielle : surmonter les divisions. Ce qu’elle n’a réussi à faire que dans les Hauts-de-France avec une liste d’union derrière l’eurodéputée écologiste Karima Delli.
Les partis de gauche auront aussi à se positionner sur la question du front républicain face au Rassemblement national. En 2015, en Paca et dans les Hauts-de-France, le choix du retrait au second tour avait été fait pour empêcher l’élection de candidats RN. Après six ans d’absence dans les exécutifs régionaux, la décision semble moins évidente à prendre cette fois-ci.
La majorité : pour La République en marche, après des municipales ratées, les régionales ne font pas non plus miroiter de victoires. L’implantation locale reste le principal handicap du mouvement présidentiel. La direction du parti affirme qu’il ne s’agit pas d’un échec en rappelant qu’il y a cinq ans LaREM n’existait pas et en mettant en avant la capacité à présenter cette fois-ci des listes d’union avec l’allié MoDem. C’est d’ailleurs d’une tête de liste issue du parti de François Bayrou, le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau, qui se lance en Centre-Val-de-Loire, que pourrait venir la seule bonne surprise pour la majorité.
Préparer le duel Macron-Le Pen pour 2022
Macron : pour le président de la République, l’enjeu est de « ne pas faire des élections régionales le premier tour de la présidentielle », explique un responsable de la majorité. Cela n’empêche pas le chef de l’État d’essayer d’en tirer profit en faisant « travailler la poutre » à droite, selon l’expression popularisée par Édouard Philippe. Autrement dit, à défaut de victoire, Emmanuel Macron espère que ces élections régionales lui permettront de nouer des alliances avec des élus sortants et d’en faire des soutiens pour 2022, tout en fragilisant un peu plus Les Républicains. La tentative d’accord en Provence-Alpes-Côte d’Azur avec Renaud Muselier, par exemple, visait cet objectif. Mais elle a été mal menée, a créé de la confusion chez les électeurs et des mécontents chez les marcheurs.
Même si officiellement Emmanuel Macron se tient à distance des régionales, il fait très attention aux campagnes menées par ses adversaires potentiels pour la présidentielle et notamment celle de Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, candidat à sa réélection qui a aussi déjà fait acte de candidature pour 2022. Un adversaire face auquel Emmanuel Macron a décidé d’envoyer Éric Dupond-Moretti porter le fer aux régionales, signe de sa volonté de mener le combat dans cette région qui est aussi la terre d’élection de Marine Le Pen. Les candidatures d’une quinzaine de ministres aux régionales manifestent de la même manière la volonté du chef de l’État de donner une résonance à ce scrutin et de l’utiliser pour roder ses troupes avant la présidentielle.
L’enjeu et la difficulté pour le président de la République sera d’adopter une stratégie qui lui permette de renforcer son image de meilleur rempart face au RN. Car le duel avec Marine Le Pen reste, à ce stade, le plus probable en 2022.
Les Républicains (LR) sont ceux qui ont le plus à perdre, puisqu’ils ont été les vainqueurs du dernier scrutin. Ils sont à la tête de sept exécutifs dans l’Hexagone. Mais depuis les élections de 2015, deux présidents de région ont quitté le giron du parti : Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France et Valérie Pécresse en Île-de-France, qui sont aussi les deux des principaux prétendants de la droite à la candidature à la présidentielle. Affaiblis par l’affaire Fillon et la défaite en 2017, Les Républicains sont à la recherche d’un nouveau souffle qu’ils n’arrivent pas à trouver faute de leader incontesté. Ils se présentent à ce scrutin divisés sur la ligne politique et la question des alliances, pris en étau par le Rassemblement national (RN) et La République en marche (LaREM), Marine Le Pen et Emmanuel Macron. L’épisode de la tentative d’alliance en Provence-Alpes-Côte d’Azur entre le président sortant LR, Renaud Muselier, et la majorité présidentielle, avec rétropédalages et négociations secrètes, qui ont fait le jeu du RN, illustre cette difficulté existentielle. Les Républicains doivent absolument limiter les dégâts s’ils veulent rester dans la course pour 2022.
Le Rassemblement national est, au contraire, le parti qui a le plus à gagner. Les régionales peuvent lui permettre de créer une dynamique pour sa candidate à la présidentielle, surtout s’il arrive à percer le plafond de verre et à s’emparer d’un exécutif régional. La digue du front républicain, qui a fonctionné pour l’en empêcher en 2015, paraît moins solide cette fois-ci. En Provence-Alpes-Côte d’Azur ou dans les Hauts-de-France, les candidats RN, respectivement Thierry Mariani et Sébastien Chenu, tous deux issus des LR, sont en bonne position. Le Rassemblement national paraît dans tous les cas en situation de progresser et d’engranger de nouveaux élus dans les régions et les départements.
Le front républicain en question
La gauche : c’est le Parti socialiste qui est le plus en danger. Exsangue depuis la présidentielle, il peut perdre les derniers oripeaux de sa splendeur passée. Il dirige actuellement six régions métropolitaines, notamment l’Occitanie, dirigée par Carole Delga ou la Bourgogne-Franche-Comté avec Marie-Guite Dufay. Les socialistes abordent cette élection en état de faiblesse. Les écologistes espèrent, eux, profiter aux régionales de l’élan provoqué par leurs bons résultats aux européennes et aux municipales pour entériner leur leadership à gauche. Mais la situation leur est moins favorable et ils pourraient souffrir de l’impact de plusieurs polémiques comme celle autour de la campagne d’affiche de Julien Bayou en Île-de-France qui stigmatisait les électeurs âgés, les « boomers ». Le Parti communiste et La France insoumise adaptent leurs alliances dans chaque région.
Pour la gauche, le défi des régionales est le même que celui de la prochaine présidentielle : surmonter les divisions. Ce qu’elle n’a réussi à faire que dans les Hauts-de-France avec une liste d’union derrière l’eurodéputée écologiste Karima Delli.
Les partis de gauche auront aussi à se positionner sur la question du front républicain face au Rassemblement national. En 2015, en Paca et dans les Hauts-de-France, le choix du retrait au second tour avait été fait pour empêcher l’élection de candidats RN. Après six ans d’absence dans les exécutifs régionaux, la décision semble moins évidente à prendre cette fois-ci.
La majorité : pour La République en marche, après des municipales ratées, les régionales ne font pas non plus miroiter de victoires. L’implantation locale reste le principal handicap du mouvement présidentiel. La direction du parti affirme qu’il ne s’agit pas d’un échec en rappelant qu’il y a cinq ans LaREM n’existait pas et en mettant en avant la capacité à présenter cette fois-ci des listes d’union avec l’allié MoDem. C’est d’ailleurs d’une tête de liste issue du parti de François Bayrou, le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau, qui se lance en Centre-Val-de-Loire, que pourrait venir la seule bonne surprise pour la majorité.
Préparer le duel Macron-Le Pen pour 2022
Macron : pour le président de la République, l’enjeu est de « ne pas faire des élections régionales le premier tour de la présidentielle », explique un responsable de la majorité. Cela n’empêche pas le chef de l’État d’essayer d’en tirer profit en faisant « travailler la poutre » à droite, selon l’expression popularisée par Édouard Philippe. Autrement dit, à défaut de victoire, Emmanuel Macron espère que ces élections régionales lui permettront de nouer des alliances avec des élus sortants et d’en faire des soutiens pour 2022, tout en fragilisant un peu plus Les Républicains. La tentative d’accord en Provence-Alpes-Côte d’Azur avec Renaud Muselier, par exemple, visait cet objectif. Mais elle a été mal menée, a créé de la confusion chez les électeurs et des mécontents chez les marcheurs.
Même si officiellement Emmanuel Macron se tient à distance des régionales, il fait très attention aux campagnes menées par ses adversaires potentiels pour la présidentielle et notamment celle de Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, candidat à sa réélection qui a aussi déjà fait acte de candidature pour 2022. Un adversaire face auquel Emmanuel Macron a décidé d’envoyer Éric Dupond-Moretti porter le fer aux régionales, signe de sa volonté de mener le combat dans cette région qui est aussi la terre d’élection de Marine Le Pen. Les candidatures d’une quinzaine de ministres aux régionales manifestent de la même manière la volonté du chef de l’État de donner une résonance à ce scrutin et de l’utiliser pour roder ses troupes avant la présidentielle.
L’enjeu et la difficulté pour le président de la République sera d’adopter une stratégie qui lui permette de renforcer son image de meilleur rempart face au RN. Car le duel avec Marine Le Pen reste, à ce stade, le plus probable en 2022.
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