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Elizabeth II invoque « l'esprit du Blitz » contre le coronavirus

La reine, 93 ans, s'est exprimée, dimanche dans la soirée, depuis son château de Windsor, où elle est confinée.



Dans un discours à la nation diffusé dimanche soir, la reine Elizabeth II a évoqué l'esprit du Blitz pour encourager ses sujets à se montrer à la hauteur du défi posé par la pandémie de coronavirus. « Ceux qui nous succéderont diront que les Britanniques de cette génération étaient aussi forts que les autres et que les qualités d'autodiscipline, de détermination bienveillante et de camaraderie caractérisent toujours ce pays », a déclaré le monarque dans son message, enregistré au château de Windsor, à l'attention du Royaume-Uni et du Commonwealth.

Comme à l'occasion de son laïus de Noël, le ton de cette intervention – la quatrième de son règne de 68 ans – était sobre, tranquille, normal, dépourvu de lyrisme, d'effets théâtraux ou de pose martiale. La monarchie s'est offerte une nouvelle fois comme un rempart devant les remous de l'heure. C'est son vrai rôle. « Ce discours était ambitieux, destiné à rassurer, mais aussi à inspirer », a souligné Jonny Dymond, le correspondant royal de la BBC, à propos d'un texte écrit en étroite collaboration avec le 10 Downing Street. Le Palais voulait à tout prix éviter que cette intervention ne soit perçue comme une critique implicite de la gestion chaotique de la pandémie par le gouvernement.

Symbolique de sa fonction

Pour une femme de sa génération, Elizabeth II a toujours été attentive au visuel, à la symbolique de sa fonction. Le choix du château de Windsor n'était pas seulement dû au confinement, depuis le 19 mars, de la souveraine âgée de 93 ans qui fait partie de la population à risque. Située à cinquante kilomètres à l'ouest de Londres, la résidence de week-end du chef de l'État est en effet l'endroit idéal pour galvaniser son peuple. La forteresse de pierre grise qui surplombe la Tamise est le symbole par excellence de l'indomptable courage dans l'adversité d'un pays qui a combattu seul le nazisme entre juin 1940 et juin 1941.

1940 : la guerre. Aux pires heures de la bataille d'Angleterre, la reine mère Elizabeth rejette la demande du Premier ministre, Winston Churchill, de faire évacuer les enfants royaux au Canada, où séjournent déjà les familles royales de Norvège et du Danemark : « Les enfants ne peuvent pas partir sans moi, et moi, je ne peux pas quitter le roi. Et le roi n'abandonnera jamais le pays. »

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Effort de guerre

Face à ce refus, les princesses Elizabeth et Margaret, âgées respectivement de quatorze et douze ans, quittent Buckingham Palace, jugé trop vulnérable, pour Windsor. La vie est austère. Malgré son statut, l'héritière au trône n'échappe pas au rationnement en vigueur, ce qui ne dérange guère cette nature frugale motivée par le civisme. Son seul privilège, à l'entendre : « Heureusement, nous avions une ferme à Windsor grâce à laquelle nous pouvions avoir plus de lait et de fromage pour améliorer l'ordinaire. »

Les alertes sont régulières et les nuits passées dans l'abri de fortune, nombreuses. Elizabeth participe à l'effort de guerre. « Nous savons tous que cela se passera bien », déclare-t-elle, le 13 octobre 1940, dans l'émission Children's Hour (« L'heure des enfants »). Il s'agit de relever le moral des enfants évacués et, au passage, via l'énorme impact du message aux États-Unis, de persuader l'administration Roosevelt de se joindre au Royaume-Uni et à l'empire. Dans son message du 5 avril, la reine a rappelé l'épisode, précisant que « le défi est différent, car, aujourd'hui, nous agissons de concert avec tous les pays du globe ».

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Mobilisation du peuple britannique contre l'ennemi

Malgré les raids aériens allemands, en s'installant à Windsor pendant toute la durée du conflit, la famille royale a voulu démontrer que la vie continuait. Ainsi, le 28 mars 1942, Elizabeth a été confirmée dans la chapelle du château par l'archevêque de Canterbury, Cosmo Lang, le même qui l'avait baptisée. C'est d'ailleurs dans le bureau du château où a été filmée son allocution qu'Edward VIII a lu à la nation sa lettre d'abdication en raison de « la femme que j'aime » en 1936. Ce jour-là, Elizabeth II est devenue princesse héritière. Elizabeth II a, en tout cas, réveillé le souvenir de la mobilisation du peuple britannique contre l'ennemi, hier Hitler, aujourd'hui le Covid-19.

Au micro de la BBC, un historien de la Seconde Guerre mondiale a réclamé la nomination d'un tsar du virus chargé de coordonner la stratégie en invoquant l'exemple de Lord Beaverbrook. Ami de Churchill, le baron de la presse avait été nommé ministre de la Production aéronautique en 1940. Court-circuitant l'état-major de la Royal Air Force, changeant la direction des usines, il fut responsable de la hausse drastique de la production de Spitfire, le mythique vainqueur de la Luftwaffe lors de la bataille d'Angleterre. Churchill avait qualifié son intervention de « magique ».

Le Point 

AYOBA FAYE

Lundi 6 Avril 2020 - 10:39



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