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Explosions à Beyrouth : 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium à l'origine des explosions du port



Comment un tel drame a-t-il pu arriver en plein cœur de la capitale libanaise ? Après les deux gigantesques explosions qui ont eu lieu mardi, de premiers éléments de l’enquête montrent qu’elles ont été causées par la combustion de 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium, stockées dans l’entrepôt du port de Beyrouth. Cette substance est utilisée comme base de nombreux engrais azotés sous forme de granulés. Elle a causé plusieurs accidents industriels dont l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001.

« Il est inadmissible qu’une cargaison de nitrate d’ammonium, estimée à 2.750 tonnes, soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution », a dénoncé le Premier ministre Hassan Diab. Devant le Conseil supérieur de défense qui a tenu une réunion d’urgence. « C’est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire sur cette question », a-t-il ajouté selon des propos rapportés par un porte-parole en conférence de presse. « Nous ne connaîtrons pas de repos tant que nous ne trouverons pas le responsable de ce qui s’est passé pour qu’il rende des comptes », a promis le Premier ministre.

« Très difficile de le brûler »
Les nitrates d’ammonium, qui se présentent sous la forme de sel blanc, composent les engrais appelés ammonitrates, que les agriculteurs achètent en gros sacs ou en vrac. Ce ne sont pas des produits combustibles : ce sont des comburants, c’est-à-dire qu’ils permettent la combustion d’une autre substance déjà en feu. « C’est très difficile de le brûler », dit à l’AFP Jimmie Oxley, professeure de chimie à l’université du Rhode Island, qui a elle-même travaillé sur la combustion du nitrate d’ammonium. « Ce n’est pas facile de le faire détoner ».

La détonation n’est possible qu’avec une contamination par une substance incompatible ou une source intense de chaleur. Et le stockage doit donc suivre des règles pour isoler le nitrate d’ammonium de liquides inflammables (essence, huiles…), de liquides corrosifs, de solides inflammables ou encore de substances qui dégagent une chaleur importante, parmi d’autres interdits, selon une fiche technique du ministère français de l’Agriculture.

300 tonnes à Toulouse en 2001
De nombreuses tragédies dans le monde, accidentelles et criminelles, ont comme source le nitrate d’ammonium. L’un des tout premiers accidents fit 561 morts en 1921 à Oppau en Allemagne, dans une usine BASF. En 1947, Brest fut secouée par l’explosion du cargo norvégien Ocean Liberty qui transportait la substance.

En France aussi, empilées en vrac dans un hangar de l’usine chimique AZF, dans la banlieue sud de Toulouse, quelque 300 tonnes de nitrates d’ammonium ont subitement explosé et fait souffler un vent de mort et de désolation sur la quatrième ville de France le 21 septembre 2001 : 31 personnes sont mortes, et la déflagration fut entendue 80 km à la ronde. Aux Etats-Unis, une terrible explosion à l’usine d’engrais West Fertilizer, à West au Texas, fit 15 morts en 2013. Un stock de nitrates d’ammonium a explosé à cause d’un incendie d’origine criminelle ; l’absence de normes de stockage avait été mise en cause par les enquêteurs.

Le Conseil supérieur de défense libanais a « recommandé » mardi au gouvernement de décréter l' « état d’urgence » pour deux semaines dans la ville de Beyrouth. Durant cette période, un « pouvoir militaire suprême sera chargé de toutes les prérogatives en matière de sécurité », selon le communiqué de clôture du Conseil supérieur de défense. Le gouvernement doit tenir une réunion d’urgence ce mercredi.

20minutes

Mercredi 5 Août 2020 - 19:44



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