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Exportation de 300.000 tonnes de bois de la Gambie vers la Chine: le ministère sénégalais de l'Environnement s'explique



Exportation de 300.000 tonnes de bois de la Gambie vers la Chine: le ministère sénégalais de l'Environnement s'explique
Le ministère de l’Environnement et du Développement durable a tenu à faire quelques précisons suite à la vidéo publiée par la chaîne britannique, BBC, qui montre que de 300.000 tonnes de bois de vène sont exportées vers la Chine depuis l’arrivée au pouvoir d’Adama Barrow en 2017. 

D’entrée le ministère de l’Environnement tient « à rappeler que la lutte contre ce fléau a été toujours aux premiers rangs de ses priorités ».

Par conséquent, «  l’Etat du Sénégal a pris conscience, depuis déjà plusieurs années, de la nécessité de remédier à cette tendance de perte de biodiversité et de destruction de nos écosystèmes forestiers, induite par des trafiquants très organisés, expédiant nos précieuses ressources vers d’autres contrées », peut-on lire dans un communiqué parvenu à PressAfrik.

Et, ont rappelé les services du ministre Abdou Karim Sall, « dès l’année 2015, Son Excellence Monsieur le Président de la République avait autorisé le recrutement d’agents des Eaux et Forêts et ceux des Parcs nationaux afin de renforcer les effectifs des services concernés, pour leur permettre de mieux faire face à cette nouvelle situation ». 

Poursuivant, ils ont ajouté que c’est dans cette dynamique que le chef de l’Etat avait « instruit les différentes Forces de défense et de sécurité d’unir leurs efforts afin de mettre en place un dispositif de lutte active contre ce fléau que représente le trafic illicite de bois ».

La même source de renseigner que pour corser la lutte, les opérations de patrouilles mixtes menées par l’Armée, la Gendarmerie et le Service des Eaux et Forêts, Chasses et Conservation des sols dans les régions du Sud et du Sud-Est, ont été intensifiées.

Mieux, plusieurs actions ont été menées pour « mieux préserver nos ressources forestières ont été entreprises récemment ». Il s’agit, entre autres, « de l’entrée en vigueur de la loi n-2018-25 du 12 novembre 2018 portant Code forestier, qui dispose dans ses innovations : la définition de nouveaux délits aggravés tels que le trafic illicite de bois et l’association de malfaiteurs en rapport avec le trafic de bois ; l’impossibilité, pour un trafiquant, de recourir à la transaction ; le relèvement des peines attachées aux infractions en matière forestière ; », a listé le ministère de l’Environnement. 

Par ailleurs, ils ont souligné que « la prise en compte des éléments nouveaux de la Convention sur le Commerce international des espèces de flore et de faune sauvages menacées d’extinction (CITES) ratifiée par le Sénégal » a été prise en compte. 

A en croire le ministère de l’Environnement, le Sénégal a été à l’origine du processus d’inscription du Pterocarpus Erinaceus à l’Annexe II de ladite convention CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction).  

Entre autres moyens de lutte adoptés par les autorités sénégalaises contre la coupe de bois dans le sud du Sénégal, « le renforcement, par l’Etat, des moyens matériels destinés à la lutte contre ce trafic ; la suspension de l’exploitation du bois d’œuvre et d’artisanat dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor ; la signature d’un accord de coopération dans le domaine de la gestion des ressources forestières et fauniques entre le Sénégal et la Gambie ; la formulation, par le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau, d’un projet transfrontalier de Gestion durable et participative des forêts et des énergies domestiques ; la soumission au Fonds vert pour le climat d’un projet de gestion durable des écosystèmes forestiers, afin de renforcer les efforts d’aménagement de nos forêts ; la création de l’Agence Sénégalaise de Reforestation et de la Grande Muraille verte ; etc ».

Ledit ministère s’est aussi félicité des résultats obtenus, ce grâce à l’ensemble de ces initiatives. Et, parmi ces résultats ceux de l’année 2019,à savoir  : « l’établissement de 1 527 procès-verbaux pour non-respect des dispositions du Code forestier, dont 143 ont fait l’objet d’emprisonnement ; la saisie de 8 941 billons de bois frauduleux, 4 tracteurs, 22 camions gambiens , 1 568 charrettes », a-t-il  rappelé. 

Abdou Karim Sall de reconnaître toutefois que «la lutte contre la destruction de nos écosystèmes constitue,certes, une bataille rude et difficile à solutionner, mais qui se gagnera certainement dans la persévérance et le renforcement des efforts jusque-là entrepris». 

Il invite, par ailleurs, l’ensemble des citoyens de cette nation à participer à l’effort de reboisement, afin de contribuer à la restauration de nos écosystèmes dégradés. 

Aminata Diouf

Mercredi 11 Mars 2020 - 20:03


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