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Formation, financement, lignes éditoriales : les constats d’une étude sur les freins à la couverture médiatiques des énergies renouvelables



Teranga Lab, en partenariat avec Africa Climate Insights (ACI) , a présenté mercredi, à la Maison de la Presse Babacar Touré, un atelier intitulé : « Médias et transition énergétique au Sahel : analyse de la couverture médiatique des énergies renouvelables ». Cette étude, réalisée par un consortium de journalistes, couvre cinq pays du Sahel : le Sénégal, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso.

Seulement 1% des contenus médiatiques sont consacrés aux énergies renouvelables, c'est ce que révèle une étude qui a porté sur 7 800 articles de médias de presse écrite et de presse en ligne, issus du Sénégal, de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Réalisée en août 2025, cette étude a été dirigée et présentée par Birame Faye, journaliste et chercheur en médias.

« La lutte engagée contre le changement climatique pour le développement durable mériterait pourtant un meilleur traitement médiatique. Malheureusement, l'étude a montré que ce n'est pas le cas. Moins de 20% des articles traitent du sujet, et les outils journalistiques utilisés ne rendent pas un grand service aux énergies renouvelables », a déclaré le coordonnateur régional médias à l'Institut Panos Afrique de l'Ouest.

Selon lui, le compte rendu est le genre le plus utilisé (97% des cas). « On constate une absence de diversité des sources : la plupart du temps, seuls les acteurs professionnels s'expriment. Cela se comprend, car très souvent, on fait un compte rendu en mettant l'accent sur ce qui est prononcé par l'autorité, ce qui constitue une limite. »

Des obstacles multiples

Parmi les obstacles relevés à travers des entretiens avec les journalistes, Birame Faye note la question de la formation, du financement, de l'accès aux sources, ainsi que celle des lignes éditoriales. « Ces lignes, définies depuis longtemps par des responsables ou propriétaires de médias, n'ont pratiquement pas bougé depuis 40 ou 50 ans, alors que les enjeux de développement et de société ont clairement évolué », a-t-il regretté.

Il souligne l'importance des rubriques dédiées. « Les médias qui ont mis en place des desks, des services, des rubriques ou des rendez-vous réguliers évoquant la question environnementale ont beaucoup plus tendance à parler des énergies renouvelables que ceux qui ne l'ont pas. »

Cette étude a été menée dans le cadre d'une collaboration entre Teranga Lab et Africa Climate Insights. Awa Traoré, directrice Pays ACI (Africa Climate Insight) , a souligné un manque d'engagement des journalistes.

« Il est regrettable de constater qu'on est à peine à 1% de couverture médiatique autour de la transition énergétique. Cela est dû à un manque d'engagement consistant des journalistes dans la couverture des thématiques environnementales et de la transition énergétique », a-t-elle constaté.

Selon elle, ce gap doit être résolu de manière significative, car aujourd'hui, dans le contexte sénégalais, on parle de transition énergétique. « Les questions de pétrole et de gaz sont des préoccupations majeures. Il faut donc une audience publique informée, et pour cela, nous avons besoin des acteurs des médias », a ajouté Mme Traoré.

Pour sa part, Alexandre Lette , Directeur exécutif de Teranga Lab, pointe un manque de ressources et de formation pour les journalistes. « Le principal élément, c'est la formation. Les journalistes, des fois, n'ont pas les outils nécessaires d'analyse. Il y a très peu de journalistes qui font référence à des domaines chiffrés, à des rapports, à des études qui ont été menées sur les thématiques. Et ça, ça pose problème. C'est la raison pour laquelle la majeure partie fait des comptes rendus, comme l'a montré l'étude », a dit le militant écologiste.

Les recommandations

Des recommandations ont été formulées aux médias et pour les journalistes. Les leaders des médias et les journalistes sont invités à reconsidérer leurs orientations éditoriales, en plaçant en bonne place les problématiques du développement durable, la transition énergétique en particulier, dans la pyramide informationnelle.

Les journalistes et médias doivent particulièrement renforcer leurs compétences en data journalism, en journalisme d'investigation et en d'autres formes de storytelling adaptées pour produire des informations de meilleure qualité, en nouant des partenariats avec les organisations de la société civile et des instituts spécialisés.

 


Moussa Ndongo

Jeudi 7 Mai 2026 - 22:34


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