Depuis plusieurs semaines, il y avait des rumeurs insistantes sur la fin programmée du Tarmac. Je les avais écartées d’un revers de main puisqu’il me semblait précisément qu’une telle décision ne pouvait être prise sans un minimum de concertation. Fin janvier, j’étais en déplacement à l’étranger quand j’ai été informée par des amis que des artistes inquiets de l’avenir de notre théâtre avaient signé une lettre ouverte au président de la République lui demandant des précisions sur les rumeurs qui enflaient sur notre prochaine disparition. Je suis donc rentrée précipitamment à Paris. Le mercredi 31 janvier, j’ai reçu un appel téléphonique du cabinet de la ministre de la Culture, Madame Françoise Nyssen, m’invitant à un déjeuner avec la ministre pour le vendredi. Le soir même, les choses se sont accélérées. A 21 heures, j’ai reçu un SMS du cabinet de la ministre qui m’informait que la Rue de Valois s’apprêtait à publier un communiqué de presse pour annoncer la fin de mon projet au Tarmac et l’arrivée en lieu et place du Théâtre ouvert. Dix minutes après, les journalistes m’ont appelé pour me dire qu’ils venaient de recevoir le communiqué en question. J’avoue que sur le moment j’ai été stupéfaite par la brutalité de la démarche.
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