Guinée-Bissau: pour la Cédéao, l’application de l’accord de Cotonou est un échec



Une mission d’évaluation de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), conduite par le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussé, était en Guinée-Bissau ce week-end. L’objectif était de constater sur place les avancées sur l’application de l’accord signé à Conakry en automne 2016. Cet accord de sortie de crise en dix points prévoit entre autres le choix d’un Premier ministre de consensus ayant la confiance du président de la République et accepté par l’opposition, la formation d’un gouvernement d’union nationale et le retour des 15 dissidents du PAIGC dans leur famille politique.
 
La mission interministérielle de la Cédéao a dressé un constat d’échec devant la presse. L’accord signé en octobre 2016 à Conakry peine encore de se mettre en place et la Cédéao n’écarte pas la possibilité d’appliquer des sanctions collectives ou individuelles contre ceux qui entravent l’application dudit accord.
 
« A tous ceux qui entravent la mise en œuvre de l’application de l’accord de Conakry, nous allons leur proposer des sanctions pour voir si les sanctions collectives et les sanctions individuelles peuvent être appliquées. C’est toute la sous-région qui est menacée », a confirmé Marcel Alain de Sousa, le président de la Commission de la Cédéao.
 
Des discussions entre les médiateurs et la classe politique bissau-guinéenne ont été parfois très tendues. Le PAIGC, notamment, a accusé la Cédéao de n’avoir pas assez mis la pression sur le président José Mário Vaz pour l’obliger à appliquer l’accord.
 
« Faux », réplique Marcel de Sousa : « Vous ne pouvez pas accuser la Cédéao en disant que c’est la Cédéao qui ne prend pas la décision. La Cédéao a mis des troupes - ça coûte très cher -, mais la Cédéao supporte et essaie de trouver les solutions ».
 
Sur le terrain, la tension persiste. L’opposition menace de descendre à nouveau dans la rue jeudi et vendredi.


Rfi.fr

Lundi 4 Décembre 2017 - 15:07



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