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Guyane: premières propositions gouvernementales en vue



Guyane: premières propositions gouvernementales en vue
Les collectifs qui mènent la contestation en Guyane attendent des ministres Matthias Fekl et Ericka Bareigts qu'ils prennent position samedi face à leurs nombreuses demandes pour tenter de sortir de bientôt deux semaines de conflit social.

Alors que le cahier de revendications comprend plus de 400 pages remises par une cinquantaine de membres des collectifs appuyés par des élus, les "annonces" seront "nombreuses", a-t-on affirmé dans l'entourage des ministres, avant une rencontre à la préfecture de région à 9H00 (14H00 à Paris).

Une "veille ministérielle" a été mise en place à Paris pour "parvenir à des arbitrages" dans un laps de temps réduit, avait indiqué jeudi M. Fekl, se montrant optimiste. "Les conditions de la confiance sont là", "il s'est passé quelque chose de fort", avait encore estimé le ministre de l'Intérieur, en référence aux "excuses" adressées par Mme Bareigts.

"Nous devons absolument être dans le rattrapage" sur les questions de l'électricité, du logement, du foncier, de la richesse ou encore de la jeunesse, selon la ministre des Outre-mer.

L'exécutif a déjà validé un certain nombre de décisions, telle la création d’un Tribunal de grande instance et d’un centre pénitentiaire à Saint-Laurent du Maroni, la deuxième ville du territoire. La fidélisation d’un escadron de gendarmes mobiles à Cayenne, et une aide de fonctionnement exceptionnelle de 20 millions d’euros pour l'hôpital de Cayenne ont également été actées.

Alors que les discussions avaient démarré dans une ambiance franchement hostile, Mme Bareigts, critiquée pour avoir tardé à venir en Guyane, s'est d'abord excusée jeudi devant une délégation de Guyanais.

Puis, juchée sur le balcon de la préfecture, mégaphone à la main, elle s'est adressée à la foule. "Au bout de tant d'années, c'est à moi que revient l'honneur de dire, au-delà de ma petite personne, au-delà des fonctions, toutes mes excuses au peuple guyanais", a-t-elle lancé, en référence à des années de sous-investissement de Paris dans ce territoire.

Des propos qui ont instantanément apaisé l’atmosphère. Alors que toute la journée de jeudi, des centaines de personnes avaient bravé une pluie battante pour hurler leur "détermination" face à la préfecture de la Guyane, ils n'étaient plus que quelques dizaines d'Amérindiens vendredi matin à se rassembler devant le bâtiment, sous un soleil timide.

- 'Supplément d'âme' -
Si la grande majorité des commerces gardent leur rideau tiré, et les barrages restent plus que jamais d'actualité, entravant fortement la vie économique et sociale, "on a retrouvé une certaine dignité, un supplément d'âme", a analysé Stéphane Lambert, le président du Medef de Guyane, qui soutient le mouvement.

Mickaël Mansé, un porte-parole des "500 frères contre la délinquance", dont les militants, toujours encagoulés, encadrent le mouvement social, a salué "une leçon d'humilité et de bon sens". Ericka Bareigts a "blessé le peuple" et a eu "assez de recul pour s'excuser", a-t-il poursuivi.

La Guyane, vaste territoire d'Amérique du Sud (83.000 km2) situé à 7.000 km de Paris, connaît depuis une dizaine de jours un mouvement de contestation d’une ampleur historique, qui a notamment cloué la fusée Ariane 5 au hangar, sur fond de revendications sécuritaires, économiques et sociales.

Ce département a connu "la plus grosse manifestation de son histoire" mardi, de l'aveu même de la préfecture, avec près de 15.000 marcheurs sur une population de 250.000 habitants. L'Union des travailleurs guyanais (UTG) avait voté samedi à la quasi-unanimité la grève générale illimitée qui a commencé lundi.

Sur le territoire, les barrages persistent. Air France et Air Caraïbes n'assureront pas leurs vols entre Paris-Orly et Cayenne samedi et dimanche, en raison du conflit. Mais les liaisons Guyane-Antilles restent maintenues.

Et la grève générale en Guyane a pour effet paradoxal "une diminution des faits de délinquance", a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Cayenne, Éric Vaillant, y voyant notamment un effet des barrages. "Il y a moins de gardes à vue car il y a moins de faits. Mais aussi parce que les forces de l'ordre sont mobilisées par le conflit social et certaines auditions ont été reportées", selon lui.

AFP

Samedi 1 Avril 2017 - 14:32


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