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L’inflation, la Banque centrale des États-Unis (Réserve fédérale) et nous ! (Par Cheikh Fatma Diop)



Ce mercredi 01 Juin 2022, pour contrer l'inflation galopante, la Banque Centrale des États-Unis plus connue sous le nom de Réserve Fédérale ou FED a entamé son programme de RESSERREMENT QUANTITATIF (Quantitative Tightening - QT -  en anglais) qui, contrairement à l' ASSOUPLISSEMENT QUANTITATIF ( Quantitative Easing - QE), correspond à une réduction du volume d'argent qu'elle met à la disposition du reste de l'économie en créant de la monnaie pour acheter des titres financiers auprès d'institutions financières. Par ce procédé, la FED stimulait l'activité économique et le niveau général des prix.

Avec le QT,  la FED réduit la taille de son bilan et retire de l'économie américaine  l'équivalent mensuel  de 47,5 milliards de dollars américains (environs 29.200 milliards de francs CFA) jusqu'au mois de Septembre 2022.

Au mois de Mai 2022,  la FED avait déjà relevé de 0,5%  son taux directeur (Fed Funds rate)  qui est le taux auquel les banques commerciales empruntent à la banque centrale. Il est maintenant compris dans la fourchette [0,75% à 1%]. 
En conséquence, les banques prêtent à l'économie en relevant leurs propres taux. 

Le taux d'intérêt de la banque centrale américaine a un effet sur les tous les autres taux variables d'actifs ou de contrats libellés en dollar, en local ou à l'international. 

Le problème aujourd'hui pour les États-Unis et pour beaucoup d'autres pays du monde est l'inflation ou hausse globale des prix. 
Elle y a atteint 8,3% selon l'indice des prix à la consommation (Consumer Price Index - CPI), soit presque son plus haut niveau en 40 ans et largement au delà de l'objectif d'inflation de la FED qui est autour de 2% sur le moyen/long terme. 

Quelle (s) conséquence (s) pour le Sénégal ? 

Le durcissement de la politique monétaire aura un impact sur les pays en développement en général et le Sénégal en particulier à au moins deux niveaux: 

1)  l'endettement : 

Le Sénégal a une dette extérieure libellée en dollars américains à 40%. 
La hausse des taux rend donc plus chère sa dette contractée en dollars américains comme l'a été la hausse du dollar consécutive à la crise militaire en Ukraine. 

Cet impact n'est pas absolument pas à prendre à la légère lorsqu'on sait que le Sri Lanka a annoncé, au moins d'Avril dernier, un défaut de paiement sur sa dette extérieure, c'est à dire son incapacité à rembourser cette dette, faute de devises suffisantes. 

2) le financement du développement 

La hausse des taux signifie aussi une meilleure rémunération des capitaux aux États-Unis et pourrait , surtout si elle s'inscrit sur une certaine durée, provoquer une fuite de liquidité des pays en développement comme le Sénégal vers les Amériques en quête de rendement meilleur. 

Globalement, les pays en développement sont dans une situation compliquée mise à nue par la crise sanitaire et exacerbée par la crise russo-ukrainienne avec ses effets négatifs sur les prix de matières premières notamment agricoles et énergétiques. 
Leurs banques centrales, qui ne jouent pas leurs rôles, n'ont pu éponger une partie de leurs dettes publiques comme dans les pays développés. Leurs États, n'ont plus, ont eu des marges budgétaires réduites. 

Au Sénégal, par exemple, si les projections du FMI relatives au déficit budgétaire post  Loi de Finances rectificative de 2022 sont de 6,1% du Produit Intérieur Brut, celui-ci devrait revenir autour de la cible de 3% du PIB, "conformément aux orientations du Conseil des Ministres de l'UEMOA". 

Autant dire que la question de la restructuration de la dette des pays pauvres mise sur la table par le cadre commun du G20 en Novembre 2020 et depuis en veilleuse devrait être dépoussiérée dans un contexte international plus que préoccupant, exacerbé par des politiques publiques nationales, comme au Sénégal, en décalage des vraies priorités des populations. 

Le Sri Lanka est un bruyant  avertissement.

Par Cheikh Fatma Diop, analyste financier

AYOBA FAYE

Jeudi 2 Juin 2022 - 10:31


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