La rencontre «ratée» entre Sassou-Nguesso et Trump crée des remous

Le président congolais Denis Sassou-Nguesso est de retour à Brazzaville. De sources concordantes, il semblerait donc que la rencontre avec le nouveau président américain, annoncée lundi 26 décembre dans un communiqué officiel puis démentie par l'entourage de Donald Trump, n'ait pas eu lieu. A Brazzaville, cet épisode suscite en tout cas de nombreuses questions et pas mal de critiques.



Mercredi soir encore, le ministre congolais des Affaires étrangères invitait à la patience. « Le temps de la diplomatie n'est pas celui des médias », expliquait Jean-Claude Gackosso depuis la Floride où il se trouvait en compagnie du président congolais.
 
Chacun s'interrogeait alors sur un hypothétique face à face avec Donald Trump. Depuis, aucune information officielle n'a filtré, et c'est en toute discrétion que Denis Sassou-Nguesso a regagné Brazzaville. De sources concordantes, la rencontre annoncée n'aurait donc finalement pas eu lieu.
 
Comment expliquer un tel « raté » ? s'interroge une source gouvernementale. Les suppositions vont bon train à Brazzaville, et les critiques aussi.
 
L'opposition monte au créneau
 
Sans attendre une possible explication, Paul-Marie Mpouélé, désormais à la tête du Parti des républicains, parle d'une « honte nationale », dénonce un « tourisme présidentiel » et demande que la totalité des frais liés à ce voyage soit reversée dans les caisses de l'Etat. « Comment, à ce niveau, peut-on être aussi amateur ? interroge Paul-Marie Mpouélé. Dans tous les cas, effectuer un déplacement pour aller juste consolider un pouvoir personnel, ce n’est pas ce que les Congolais attendent. En ces temps de crise, où beaucoup de situations sociales sont laissées en suspens, on ne peut pas accepter que le président de la République qui a plus de trente-deux ans de pouvoir, donc qui connaît à peu près comment fonctionne la diplomatie mondiale, puisse effectuer un déplacement de prestige de ce genre sans être certain de rencontrer son homologue américain ? Donc nous réclamons que l’argent public qui a servi à ce déplacement soit restitué en tout cas de manière intégrale au Trésor public ».
 
Même tonalité dans l'entourage de l'ex-candidat à la présidentielle, Guy-Brice Parfait Kolelas : « C'est un fiasco », s'insurge Vivien Manangou son porte-parole, qui qualifie l'affaire de « Trump gate ».
 
Vendredi, ils étaient peu nombreux au sein de la majorité à vouloir évoquer publiquement le sujet. Sur son compte Twitter, cependant, le ministre des Zones économiques spéciales, Alain Akouala, estime que « les responsabilités doivent être assumées ».

Rfi.fr

Samedi 31 Décembre 2016 - 09:05



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