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Le deal secret qui a permis à Pékin de chiper les JO à Paris

(De Pékin) Voila qui pourrait expliquer la ferveur avec laquelle le président du Comité international olympique (CIO) a toujours défendu les jeux de Pékin : la Chine et Jacques Rogge se sont entendus secrètement pour que Pékin obtienne les J.0., aux dépens de Paris, et que lui soit élu président du CIO. C'est ce que révèle l'ancien ministre chinois des Sports.



Le deal secret qui a permis à Pékin de chiper les JO à Paris
La Chine a passé un accord secret avec Jacques Rogge, président actuel du CIO, pour s'assurer l'attribution des Jeux de Pékin, selon un livre du ministre chinois des Sports de l'époque, Yuan Weimin, que s'est procuré le quotidien britannique Times.

L'ancien ministre y explique que Jacques Rogge a négocié avec lui pour s'assurer le vote des membres chinois du CIO lors de sa réunion de Moscou en 2001, au cours de laquelle il devait attribuer les Jeux d'été de 2008 et élire un nouveau président.
« Nous avions un accord privé » avec Jacques Rogge

Le livre, intitulé « Yuan Weimin et les vents et nuages du sport international », révèle comment Pékin a réussi à se mettre des votes de membres européens du CIO dans la poche, alors que ces derniers étaient plus susceptibles de voter pour Istanbul ou Paris.

Selon le Times, Yuan écrit : « Bien que n'ayant pas de contrat écrit avec Rogge, nous avions un accord privé. »

Yuan explique que lui et le maire de Pékin Liu Qi ont eu un rendez-vous avec Rogge dans un appartement d'un centre de conférences de Genève à l'approche de la réunion de Moscou. Rogge aurait alors dit que l'une des raisons pour lesquelles il soutiendrait la candidature de Pékin était que l'attribution des JO de 2008 à Paris serait un handicap dans sa propre campagne à l'intérieur du CIO.
Le deal de Genève : le CIO à Rogge, les JO à Pékin

La rencontre était une initiative de Li Lanqing, alors membre du Comité permanent du bureau politique du PCC, la plus haute instance politique de Chine, selon l'ancien ministre, qui ajoute :

« Nous avons expliqué à Rogge que nous espérions que (lui) et ses amis soutiendraient Pékin. Rogge a dit qu'il espérait que les trois délégués chinois du CIO et les amis de la Chine le soutiendraient.

Rogge m'a dit qu'il m'était très reconnaissant de le soutenir dans sa campagne pour être président et qu'il soutiendrait complètement la candidature chinoise aux Jeux olympiques.

Il espérait que la Chine comprendrait qu'il ne puisse pas exprimer sa position et son opinion (publiquement) parce qu'il était président du Comité olympique européen et que Paris et Istanbul étaient en Europe -mais que malgré cela il travaillerait pour Pékin. »

L'ancien ministre révèle dans le livre que la Chine a promis qu'elle persuaderait ses amis de soutenir Rogge et qu'en retour Rogge s'était engagé à gagner le soutien des membres européens du CIO.

Le plan du Bureau permanent a failli vaciller lorsque l'un des délégués chinois au CIO s'est montré enclin à voter pour un autre candidat à la présidence, le Sud-Coréen Kim Un-yong. Furieux, les dirigeants chinois auraient alors donné l'ordre aux trois Chinois du CIO de voter pour Rogge.
Le président de CIO nie tout arrangement

Finalement, Pékin s'était vue attribuer le 13 mai 2001 et Jacques Rogge avait été élu président trois jours plus tard.

Un porte-parole de Jacques Rogge a répondu au quotidien londonien que le président du CIO avait été élu par une large majorité et que toute insinuation que des accords auraient été passés est complètement fausse.

A l'époque, et jusqu'à la tenue des Jeux, le choix du comité olympique d'attribuer les Jeux à Pékin avait été critiqué au regard du bilan de la Chine en matière de droits humains.

A plusieurs reprises, Rogge avait défendu son choix, notamment sur CNN au printemps 2008, à quelques mois des JO :

« Au moment de la candidature à Moscou en 2001, un membre dirigeant du Comité de candidature (de Pékin) a dit qu'attribuer les Jeux à Pékin ferait avancer l'agenda social de la Chine, dont les droits de l'homme. C'est ce que j'appelle un engagement moral. »

Jacques Rogge a été réélu président du CIO pour quatre ans vendredi 9 octobre, seul candidat à sa propre succession.

Photo : liesse à Pékin le soir de l'attribution des JO à la capitale chinoise en 2001 (Pierre Haski/Rue89)

En partenariat avec Aujourd'hui la Chine


Mercredi 21 Octobre 2009 - 17:37


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