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Les Colombiens prennent de nouveau la rue après un mois de pause

Plusieurs milliers de Colombiens sont à nouveau descendus dans la rue mardi à l'occasion de la fête nationale, pour protester contre le gouvernement du président Ivan Duque et réclamer au Parlement, qui doit examiner une réforme fiscale controversée, des mesures pour plus de justice sociale et contre la répression policière.



Bogota, Cali, Medellin... Le gouvernement a dénombré quelques 195 manifestations dans 95 municipalités colombiennes. Des incidents opposant forces de l'ordre et manifestants ont fait une dizaine de blessés civils à Medellin et à Cali et une vingtaine de policiers, rapporte l'Agence France presse.
 
Les forces de l'ordre avaient fermé les accès au siège de la présidence et du Parlement en prévision des rassemblements et 65.000 militaires et policiers avaient été déployés. Un large déploiement justifié, selon le gouvernement par le fait que les manifestations sont infiltrées par des dissidents de l'ex-guérilla des Forces armée révolutionnaires de Colombie (FARC) et des rebelles de l'Armée nationale de libération (ELN), dernière guérilla active dans le pays.
 
Mais mardi soir, le ministre de l'Intérieur Daniel Palacios a toutefois jugé que « les manifestations pacifiques avaient prévalu sur les actes de violence », dans une déclaration à la presse.
 
Le Comité national de grève, initiateur de la mobilisation fin avril, mais qui n'en représente pas toutes les composantes, avait appelé à la reprise des rassemblements après plus d'un mois de pause.
 
Composé d'étudiants, d'associations indigènes et sociales, le Comité avait suspendu ses mobilisations le 15 juin. Une pause relative: si les barrages routiers avaient été levés et les grands rassemblements suspendus, les associations et quartiers poursuivaient leur réflexion sur de nouvelles formes d'action, constatent les observateurs.
 
Les protestataires exigent notamment plus de justice sociale, une réforme de la police, accusée de réprimer brutalement les manifestations, et un Etat plus solidaire face aux dégâts sociaux causés par la pandémie. Quelque 42 % des 50 millions de Colombiens vivent désormais dans la pauvreté. Le Comité national de grève veut soumettre au Congrès « une dizaine de projets de lois reprenant les mesures d'urgence économique réclamées depuis la fin avril. »
 
A l'origine des manifestations d'avril
Le gouvernement d'Ivan Duque, au pouvoir depuis 2018, a été confronté à plusieurs vagues de contestation. La dernière a débuté fin avril pour protester contre un projet d'augmentation de la TVA et d'élargissement de la base de l'impôt sur le revenu. Un texte retiré début mai sous la pression de la rue mais les manifestations n'ont pas cessé pour autant, la colère étant attisée par les difficultés économiques. Les Colombiens ayant eu le sentiment de payer la facture des aides fournies par l'État durant les cinq mois de quarantaine l'an dernier.
 
Des manifestations de masse, violemment réprimées, ont eu lieu dans tous le pays, et la ville de Cali a été particulièrement touchée. Depuis le 28 avril, selon le Bureau de la défense du peuple, organisme public chargé de veiller au respect des droits humains, plus de 60 personnes ont été tuées et plusieurs milliers d'autres blessées.
 
Ce mardi, le président de droite, dont l'impopularité s'élève à 76%, a inauguré la nouvelle session parlementaire qui va devoir débattre d'une nouvelle réforme fiscale. « Les voix dans la rue nous les entendons et elles doivent nourrir le débat, mais vous êtes convoqués par l'histoire pour être les porte-parole d'un pays en pleine transformation », a-t-il déclaré.

RFI

Mercredi 21 Juillet 2021 - 11:42


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