Beaucoup de Libanais renoncent à se faire soigner face à l’explosion du prix des médicaments et des consultations. Et certains en meurent. La semaine dernière, la mort de l’un des fers de lance de la révolte antigouvernementale, décédé faute d’avoir été admis aux urgences à temps, a provoqué une vague d’indignation dans tout le pays.
Ibrahim Ajami est un fils en deuil. Il y a une semaine, son père Mohammad, 66 ans a eu un grave accident de voiture. Transféré à l’hôpital alors qu’il était encore conscient, les urgences ont refusé de le prendre en charge.
« Les hôpitaux ici, c’est un business »
« Il était avec un ami qui était blessé au cou. L’hôpital leur a dit : vous devez payer avant qu’on vous ausculte. Mais ils n’avaient pas assez d’argent sur eux. Ils leur demandaient un million de livres libanaises, l’équivalent d’un mois de salaire. Personne n’a cette somme sur lui ! Mon père les a traités de monstres, et leur a dit que c’était illégal de faire ça. Mais vous savez, les hôpitaux ici, c’est un business. Ils ne traitent pas les gens comme des patients, mais comme des clients. Ils n’ont aucune humanité », raconte-t-il à RFI.
Ibrahim reçoit alors un appel de son père pour qu’il apporte l’argent à l’hôpital. Mais il est déjà trop tard. Mohammad succombe à une hémorragie interne. « Ils ont mis 3 heures à le prendre en charge. Vous trouvez ça normal ? C’est comme ça que ça se passe maintenant, au Liban. Après l’opération, on est venu me dire que mon père ne reviendrait pas, qu’il avait perdu trop de sang », rajoute-t-il.
Ironie du sort, Mohammad Ajami était lui-même médecin. À la retraite, il consacrait son temps à soigner gratuitement les Libanais les plus pauvres. Aujourd’hui, son fils Ibrahim espère obtenir justice et a porté plainte contre l’hôpital. Dans un communiqué, l’établissement nie toute négligence et assure avoir fait le nécessaire pour tenter de sauver son père.
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