Reconquérir le bonheur de vivre ensemble
Nous avions pris le chemin de la méfiance.
Chacun s’était arrogé le pouvoir de juger l’autre : criminel, corrompu, traître, comploteur. La suspicion était devenue une vertu, la calomnie une arme, la médisance une méthode. La société se partageait entre ceux qui s’étaient proclamés les gardiens du bien et tous les autres, forcément coupables.
Mais nul ne peut devenir le maître de la morale sans avoir d’abord accepté d’en être le serviteur.
Une République ne se construit pas avec la peur, les anathèmes et la pensée unique.
Elle repose sur des institutions, des règles, des contre-pouvoirs et, plus encore, sur la dignité de chaque citoyen.
La politique peut impulser et gouverner ; elle ne doit ni se substituer à la justice, ni à la conscience, ni à la religion, ni à la société.
Lorsqu’une force politique franchit les frontières de ses prérogatives, elle ne protège plus la République : elle la fragilise.
Nous avions oublié qu’une société n’est pas une pâte que l’on façonne au gré des certitudes de quelques-uns.
Elle est une histoire, une mémoire, des croyances, des traditions, des blessures et des espérances.
On ne la réforme durablement ni par la brutalité des certitudes ni par la terreur des mots.
La justice sans mesure devient vengeance ; la vertu sans humilité devient domination ; la vérité sans liberté devient dogme.
Aujourd’hui, quelque chose renaît.
Des femmes et des hommes recommencent à parler sans trembler, à penser sans demander la permission, à se rencontrer sans se demander de quel camp vient celui qu’ils ont devant eux.
Et avec cette liberté reviennent les choses les plus simples — et peut-être les plus précieuses : un sourire, un rire, une poignée de main, la compassion pour celui qui souffre, la joie partagée avec celui qui réussit.
Peu à peu, nous retrouvons notre capacité à être ensemble.
Nos valeurs, nos traditions, notre foi, notre savoir-vivre et notre attachement à la fraternité sont plus forts que les forces qui cherchent à nous opposer.
Une société ne se sauve pas en apprenant à se haïr ; elle se sauve en réapprenant à se faire confiance.
Alors les sourires refleurissent. Les visages s’éclairent. Le bonheur que la peur avait fané reprend vie.
Et nous découvrons peut-être la plus simple des vérités :
nous n’avons pas besoin d’être d’accord sur tout pour vivre en paix.
Nous avons seulement besoin de nous reconnaître comme frères en humanité.
Dakar, dimanche 30 août 2026
Prof Mary Teuw Niane
Nous avions pris le chemin de la méfiance.
Chacun s’était arrogé le pouvoir de juger l’autre : criminel, corrompu, traître, comploteur. La suspicion était devenue une vertu, la calomnie une arme, la médisance une méthode. La société se partageait entre ceux qui s’étaient proclamés les gardiens du bien et tous les autres, forcément coupables.
Mais nul ne peut devenir le maître de la morale sans avoir d’abord accepté d’en être le serviteur.
Une République ne se construit pas avec la peur, les anathèmes et la pensée unique.
Elle repose sur des institutions, des règles, des contre-pouvoirs et, plus encore, sur la dignité de chaque citoyen.
La politique peut impulser et gouverner ; elle ne doit ni se substituer à la justice, ni à la conscience, ni à la religion, ni à la société.
Lorsqu’une force politique franchit les frontières de ses prérogatives, elle ne protège plus la République : elle la fragilise.
Nous avions oublié qu’une société n’est pas une pâte que l’on façonne au gré des certitudes de quelques-uns.
Elle est une histoire, une mémoire, des croyances, des traditions, des blessures et des espérances.
On ne la réforme durablement ni par la brutalité des certitudes ni par la terreur des mots.
La justice sans mesure devient vengeance ; la vertu sans humilité devient domination ; la vérité sans liberté devient dogme.
Aujourd’hui, quelque chose renaît.
Des femmes et des hommes recommencent à parler sans trembler, à penser sans demander la permission, à se rencontrer sans se demander de quel camp vient celui qu’ils ont devant eux.
Et avec cette liberté reviennent les choses les plus simples — et peut-être les plus précieuses : un sourire, un rire, une poignée de main, la compassion pour celui qui souffre, la joie partagée avec celui qui réussit.
Peu à peu, nous retrouvons notre capacité à être ensemble.
Nos valeurs, nos traditions, notre foi, notre savoir-vivre et notre attachement à la fraternité sont plus forts que les forces qui cherchent à nous opposer.
Une société ne se sauve pas en apprenant à se haïr ; elle se sauve en réapprenant à se faire confiance.
Alors les sourires refleurissent. Les visages s’éclairent. Le bonheur que la peur avait fané reprend vie.
Et nous découvrons peut-être la plus simple des vérités :
nous n’avons pas besoin d’être d’accord sur tout pour vivre en paix.
Nous avons seulement besoin de nous reconnaître comme frères en humanité.
Dakar, dimanche 30 août 2026
Prof Mary Teuw Niane
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