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Partenariat Canada-Sénégal pour la relance du Chemin de fer: des cheminots redoutent un énième projet sans lendemain

​Dans une dynamique de relancer l’activité ferroviaire sur la ligne Dakar-Tambacounda, l’Etat du Sénégal et la Coopération canadienne ont accordé leurs violons autour d’une « coopération qui se veut forte dans un partenariat public privé ». Toutefois, beaucoup de cheminots redoutent « un énième projet qui sonne comme entériner la mort du corridor Dakar-Bamako ».



Partenariat Canada-Sénégal pour la relance du Chemin de fer: des cheminots redoutent un énième projet sans lendemain
Au moment où le corridor Dakar-Bamako se trouve à son point mort, un nouveau projet pour la relance de l’activité ferroviaire sur l’axe Dakar-Tambacounda vient d’être porté par la coopération canadienne et l’Etat sénégalais. Le chef de la délégation canadienne, Michaelle Jean, qui était l’autre jour à Thiès avec à ses coté l’actuel Secrétaire d’Etat aux affaires ferroviaires, Mayacine Kamara, d’expliquer que « ce projet relève d’une coopération qui se veut forte dans un partenariat public privé entre les deux gouvernements canadien et sénégalais, pour la modernisation et la réhabilitation du grand réseau ferroviaire au Sénégal de Dakar à Tambacounda ».

Elle explique que « la question de l’émergence et du développement dépend aussi de l’investissement qui peut être fait dans les infrastructures d’ordre primordial ». Aussi, fait-elle savoir que « notre délégation a eu à rencontrer le chef de l’Etat et ses ministres, le 16 novembre dernier, pour jeter les bases d’un protocole d’entente qui va se réaliser autour d’échéanciers et de plans d’exécution pour pouvoir diligenter ce projet, et dans des délais raisonnables, car il y a un sentiment d’urgence ». Selon Michaelle Jean, « avec ce projet il s’agit de zéro endettement pour l’Etat sénégalais et c’est très important ».

Les cheminots seuls face à eux et aux chimères
Après de multiples tentatives de relance du trafic ferroviaire, les cheminots, aujourd’hui « seuls face à eux et aux chimères », disent constater que « le contrat de concession qui avait porté la privatisation de l’axe ferroviaire Dakar Bamako a été résilié, la phase transitoire qui consacra l’avènement du Dakar Bamako ferroviaire pour une année est arrivée à terme. Mais le train est encore et toujours à quai ». Suffisant pour comprendre le désarroi des travailleurs du rail, qui ne cessent de scruter un horizon des plus sombres en se posant la question de savoir où est ce que leur Etat veut mener le Chemin de fer. Une situation d’autant plus alarmante que, selon les cheminots, « elle contraste d’avec les engagements et promesses que leur avaient faits le ministre d’Etat aux Affaires ferroviaires et l’administrateur de Dakar-Bamako-Ferroviaire ».

Des engagements et promesses qui, regrettent-ils, « en fin de compte se sont tous avérés des chimères ». Et de souligner : « la société ferroviaire est dans une crise très profonde. Une évaluation de la situation a abouti à des résultats négatifs. Une négativité consécutive au fait que l’Etat sénégalais n’a pas su respecter ses engagements mais aussi que l’administrateur ne nous a jamais dit la vérité. Aucune promesse n’a jamais été tenue ». Et de se demander : « où en est le projet de renforcement du parc d’au moins 15 locomotives fiables, de dotation des ateliers centraux en outillages et pièces de rechange pour l’entretien du matériel roulant mais aussi de réhabilitation de certains points critiques sur la voie et certaines gares qui connaissent un niveau critique de dégradation, entre autres » ?

Les cheminots sont revenus sur « l’arrêt effectif de l’activité ferroviaire sur le corridor Dakar-Bamako » et le non-respect des dispositions annoncées pour la phase transitoire qui à terme devait marquer le début de la mise en œuvre du schéma institutionnel. Aujourd’hui, avec toutes ces promesses restées en l’état, la société du Chemin de fer se meut dans un état végétatif. Ses activités ne lui permettent plus de se prendre en charge. Le seul éclairci sur la ligne d’horizon ne réside qu’en des promesses. Des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. Lesquels cheminots, en vérité, n’ont aujourd’hui entre les mains qu’un outil de travail moribond et en face d’eux des chimères.

Le Témoin

AYOBA FAYE

Vendredi 20 Novembre 2020 - 11:14


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