Ce devait être un checkpoint improvisé, ce fut un guet-apens sanguinaire. Deux véhicules transportant des voyageurs sont arrêtés à l'entrée de la ville. Des membres d’un groupe d'auto-défense contrôlent les identités. Une opération pour vérifier si les passagers parlent bien les langues de la région : le swahili ou le nande.
Deux femmes ont le malheur de ne pas maitriser ces deux langues. Très vite, on les soupçonne d'être des Hutues rwandaises. Des étrangères donc. Le contrôle dégénère. Les deux femmes sont lynchées, puis brûlées sans que la police n'ait le temps d'intervenir.
Comment expliquer cette éruption de violence ? Dans l’opinion, une rumeur est largement répandue : celle que des Hutus rwandais prêteraient main forte aux rebelles ADF Nalu. Résultat, la crainte d’être attaqués par des rebelles a créé une vraie paranoïa et des réflexes xénophobes.
Pour ne rien simplifier, d’importants mouvements de migration de Hutus en direction de Bunia ont été observé ces derniers mois. Sans explication officielle, ils alimentent les interrogations et les rumeurs.
Mercredi, il aura fallu la journée pour que Butembo revienne au calme. Des tirs en l’air de la police ont résonné dans toute la ville pour venir à bout des jets de pierre et de la colère des habitants qui accusent les forces de l’ordre de ne pas faire assez pour les protéger.
Source: Rfi.fr
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