RDC: la Monusco condamne une incursion de l’armée dans ses locaux

La Monusco condamne l'incursion dans ses locaux à Kananga d'un groupe de militaires congolais. Ces soldats poursuivaient, lundi 28 août, un journaliste qui avait cherché à faire une réunion de restitution du contenu du manifeste du citoyen congolais, un texte signé à Paris par une dizaine d'organisations de la société civile appelant au départ du pouvoir du président Joseph Kabila et à l'organisation des élections. Pour l'ONU, cette incursion est une violation de l'accord qui lie les Nations unies au gouvernement congolais, ce que le gouvernement dément.


L'affaire a d'abord fait du bruit sur les réseaux sociaux. Une série de photos où l'on voit des militaires congolais dans l'enceinte de la base de l'ONU tentaient de tirer un individu, se le disputant avec du personnel onusien. Pour la Monusco, le plus grave, c'est que l'opération a été menée sous les ordres directs du général Assumani, commandant des opérations dans la région Kasaï. Son nom est même cité dans le communiqué.
 
Pour Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement, c'est faux : « Il n’y a pas eu intrusion de militaires à la base de la Monusco. La justice militaire était à la poursuite d’un individu présumé coupable de Constitution d’un nouveau groupe armé. Cet individu s’est réfugié dans la base de la Monusco. Maintenant, le dossier est entre les mains de notre diplomatie parce que la Monusco ne peut pas devenir un refuge ».
 
Le présumé leader d'un groupe armé en gestation n'est autre que le directeur de la radio Kasaï Horizons, Edouard Diyi Tshitenge, tout juste revenu de Paris où il avait assisté à la signature du Manifeste du citoyen congolais et dont il comptait faire un compte-rendu public. Réunion interdite et dispersée. Pour l'ONU, « les tracasseries et menaces dont font l'objet de plus en plus de journalistes ne vont pas dans le sens de la décrispation attendue ».