Face à la fermeture des marchés traditionnels, le Nigeria prévoit de lever 5 milliards de dollars via un accord avec la First Abu Dhabi Bank. « Cette décision intervient alors que les coûts d'emprunt des marchés émergents ont fortement augmenté », précisent les documents officiels. Pour Abuja, ce mécanisme de Swap de rendement total (TRS) représente une « alternative aux marchés coûteux des euro-obligations », permettant une « approche pragmatique visant à maintenir l'accès aux capitaux » pour financer ses infrastructures.
La structure de l'accord impose toutefois une discipline rigoureuse. Le mécanisme de financement sera garanti par des titres libellés en nairas dépassant la valeur du prêt jusqu'à 33,3 % », afin d'offrir une marge de sécurité aux prêteurs. En cas de dépréciation de la monnaie locale, le gouvernement «sera tenu d'effectuer des paiements en dollars si la valeur des garanties diminue ».
Au Sénégal, une opération similaire de 650 millions d'euros illustre les opportunités et les tensions liées à ces outils. Le Ministère des Finances défend ce choix pour son « coût inférieur, environ 7,1 % par rapport aux Eurobonds », y voyant une gestion optimisée de la dette. Cependant, l'utilisation de ces dérivés a suscité de vifs débats sur la « transparence et la dette ».
L'Angola est l'un des pionniers récents de cette méthode sur le continent. Le pays a effectué Un contrat de 1 milliard de dollars conclu avec JPMorgan fin 2024, garanti par 1,9 milliard de dollars d'obligations souveraines. En janvier 2026, l'Angola a étendu cette facilité jusqu'en 2028 et a ajouté 500 millions de dollars supplémentaires à un taux inférieur à 8 %.
Ce virage vers des instruments complexes confirme que le financement structuré devient une « caractéristique plus courante des stratégies de financement souverain » sur le continent.
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