Dans la dernière semaine du mois de novembre 1990, l’ambiance a brutalement changé aux « Locaux », la plus meurtrière des prisons d'Hissène Habré. Mahamat Moussa avait 21 ans. Emprisonné depuis deux ans, il était en charge de la cuisine des prisonniers. Il se souvient des derniers jours : « Depuis lundi, on n'avait plus de nourriture. De mardi à vendredi, les gardiens sont partis à la prière de 13 heures. Et ils sont partis pour de bon. »
Les geôliers partis pour la prière du vendredi ne reviendront plus. Entretemps, un des gardes, chargé de laisser mourir les prisonniers, va tenter de soulager sa conscience en se confiant à Fatimé Hachim, une prisonnière. Celle-ci se souvient :
« C'était un militaire qui s'appelait Mahamat. Il m'a expliqué qu'ils avaient reçu l'ordre de tuer tous les prisonniers. Mais lui ne pouvait pas. Il m'a dit "Je vais vous sortir de nuit." » Quand l'obscurité vint, le garde tira, avec son arme à feu, à quatre reprises : c'était le signal codé pour que les prisonniers s'échappent. Le geôlier leur avait laissé une issue.
Fatimé Hachim sera aidée par les rares prisonniers qui avaient encore des forces, après cinq jours de diète. Ce sont eux qui vont ouvrir les premières cellules qui vont livrer l’horreur de huit années de règne.
Les geôliers partis pour la prière du vendredi ne reviendront plus. Entretemps, un des gardes, chargé de laisser mourir les prisonniers, va tenter de soulager sa conscience en se confiant à Fatimé Hachim, une prisonnière. Celle-ci se souvient :
« C'était un militaire qui s'appelait Mahamat. Il m'a expliqué qu'ils avaient reçu l'ordre de tuer tous les prisonniers. Mais lui ne pouvait pas. Il m'a dit "Je vais vous sortir de nuit." » Quand l'obscurité vint, le garde tira, avec son arme à feu, à quatre reprises : c'était le signal codé pour que les prisonniers s'échappent. Le geôlier leur avait laissé une issue.
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