Un autre jour s’est levé sur le quartier Diack Sao, dans la banlieue. Un jour comme les autres. Rien ne semble avoir changé dans les habitudes des gens qui ont conservé les mêmes reflexes qu’ils avaient depuis belle lurette, bien avant l’apparition du covid–19 dans notre pays en mars 2020. Malgré une troisième vague plus meurtrière encore que les précédentes et les nombreuses alertes des professionnels de la santé, les gens semblent tirer la langue au virus Delta qui est en train de faire des ravages dans notre pays. Un bus « Tata » passe.
L’accessoire censé nous protéger du virus semble être le cadet des soucis de ceux qui le prennent d’assaut. De l’autre côté l’apprenti d’un Ndiaga Ndiaye, sur le marchepied du transport en commun, hèle avec désinvolture les clients. Lui comme ses passagers semblent avoir horreur du port du masque. Rares sont ceux qui en portent dans la rue d’ailleurs. Dans un espace faisant lieu de grand-place, des jeunes sont installés autour d’un vendeur de café Touba. C’est là leur point de ralliement quotidien où ils refont le monde.
Assis sur un banc de fortune complètement rafistolé, ils semblent vivre dans un autre univers. Aucun d’entre eux ne porte le masque. La distanciation sociale, ils en font peu cas. La tasse de café passe de bouche à bouche. La tige de cigarette également. Parlez-leur de l’existence du Covid, et ils vous serviront un discours qui fleure bon ce fatalisme sénégalais : « Si Dieu décide que l’on va mourir, on y passera».
Des discours fatalistes
Un argument qui ne vous laisse pas l’opportunité de placer un seul mot avant qu’un autre n’enchaine avec un autre discours plein de certitudes. « On ne peut pas passer tout notre temps à nous isoler ou rester confiner dans nos maisons…Parfois, je pense qu’ils en font trop sur le nombre de décès du covid. C’est comme si les morts naturelles n’existent plus. Il faut croire en Dieu. La mort a existé avant le covid et existera après. Le coronavirus n’est rien d’autre qu’une sanction divine. Cela s’explique par la dépravation des mœurs, le viol, le libertinage, entre autres péchés », dit avec assurance un des jeunes du groupe.
Moussa Barro, lui, n’a jamais cru en l’existence de la maladie depuis son apparition. Mieux, il pense que c’est une invention des Occidentaux pour combattre l’Islam. « Je ne crains qu’Allah Swt. C’est Lui qui donne la vie et qui la reprend. Jamais je ne me ferai vacciner…Il faut croire en Dieu et non pas à la mort » serine-t-il, plus fataliste que les autres. Les nombreux décès annoncés quotidiennement et la saturation des hôpitaux, ces jeunes n’y portent aucun crédit. Et apparemment, ils n’ont pas conscience de la dangerosité de la maladie.
La troisième vague n’a provoqué aucun déclic en eux. Il suffit de se promener dans les ruelles des quartiers de banlieue pour comporter le comportement désinvolte des gens. A l’angle d’une rue, une dame d’un certain âge qui tient une gargote ne s’embarrasse pas du port du masque qu’elle a au menton. Autour d’elle, aucun de ses clients n’en porte. Le virus ne semble pas non plus être leur préoccupation.
D’ailleurs, certains vous disent qu’avec le prix du masque, ils peuvent se payer une clope et une tasse de café. Difficile de leur faire entendre raison… Non loin de là, le gérant d’une boutique avoue que le port du masque n’est pas dans les habitudes de ses clients. Les rares qui s’en procurent doivent prendre les bus de Dakar Dem Dik où l’obligation est faite à tous voyageurs d’en porter. Et les récalcitrants priés avec courtoisie mais fermement de descendre des bus de la société publique.
Appel pour des mesures de restrictions
Ibou Diagne, un des voyageurs de ces bus, milite pour des mesures de restrictions et aussi que les autorités aillent vers les populations pour les vacciner. « Même si ça va être difficile, il nous faut ces mesures de restriction pour limiter les dégâts. Il faut aussi déployer des équipes chargées de la vaccination au niveau des quartiers en allant de maison à maison comme cela se fait avec la vaccination contre la poliomyélite. Si on continue de se limiter à des discours, ça pourrait être fatal pour le pays. Déjà, des spécialistes prédisent l’arrivée d’une quatrième vague. Je me suis déjà vacciné. Je continue de respecter les mesures barrières », confie le jeune mécanicien Ibou Diagne qui avoue avoir décidé de ne voyager qu’avec les bus de la société Dakar Dem Dikk.
A l’intérieur d’un bus de celle-ci, jusqu’à Colobane, le receveur a tenu à appliquer les règles édictées par la société de transport tout en limitant le nombre de passagers, n’hésitant pas à demander à des clients de descendre pour ne pas dépasser nombre de places autorisé en cette période de pandémie. Dans ce quartier se Dakar qui accueille un grand marché, le port du masque ne semble pas être dans les habitudes de ceux qui le fréquentent.
D’ailleurs, partout dans les rues, si certains ne l’ont pas au menton, ils l’ont accroché au poignet. Rares sont d’ailleurs ceux d’entre les passants qui portent des masques. Dans les cars rapides aussi bien que dans certains lieux de commerce , on fait comme si le pays ne subissait pas les assauts meurtriers d’une troisième vague de coronavirus. Rien à travers les attitudes des populations ne montre une quelconque conscience du danger.
Des rassemblements partout, surtout autour des gargotières qui ne se préoccupent elles-mêmes ni des mesures barrières ni des règles d’hygiène. Et tard dans la nuit, le même phénomène est constaté dans presque tous les quartiers populaires de la capitale où règne une grande promiscuité. Dans ces conditions de défiance, pas étonnant que la troisième vague poursuive sa course macabre.
Le Sénégal en est déjà à 1554 décès depuis hier. Malgré ce bilan, la capitale, épicentre du virus, fait fi du respect des gestes barrières. Les populations font preuve d’un relâchement total !
Le Témoin
L’accessoire censé nous protéger du virus semble être le cadet des soucis de ceux qui le prennent d’assaut. De l’autre côté l’apprenti d’un Ndiaga Ndiaye, sur le marchepied du transport en commun, hèle avec désinvolture les clients. Lui comme ses passagers semblent avoir horreur du port du masque. Rares sont ceux qui en portent dans la rue d’ailleurs. Dans un espace faisant lieu de grand-place, des jeunes sont installés autour d’un vendeur de café Touba. C’est là leur point de ralliement quotidien où ils refont le monde.
Assis sur un banc de fortune complètement rafistolé, ils semblent vivre dans un autre univers. Aucun d’entre eux ne porte le masque. La distanciation sociale, ils en font peu cas. La tasse de café passe de bouche à bouche. La tige de cigarette également. Parlez-leur de l’existence du Covid, et ils vous serviront un discours qui fleure bon ce fatalisme sénégalais : « Si Dieu décide que l’on va mourir, on y passera».
Des discours fatalistes
Un argument qui ne vous laisse pas l’opportunité de placer un seul mot avant qu’un autre n’enchaine avec un autre discours plein de certitudes. « On ne peut pas passer tout notre temps à nous isoler ou rester confiner dans nos maisons…Parfois, je pense qu’ils en font trop sur le nombre de décès du covid. C’est comme si les morts naturelles n’existent plus. Il faut croire en Dieu. La mort a existé avant le covid et existera après. Le coronavirus n’est rien d’autre qu’une sanction divine. Cela s’explique par la dépravation des mœurs, le viol, le libertinage, entre autres péchés », dit avec assurance un des jeunes du groupe.
Moussa Barro, lui, n’a jamais cru en l’existence de la maladie depuis son apparition. Mieux, il pense que c’est une invention des Occidentaux pour combattre l’Islam. « Je ne crains qu’Allah Swt. C’est Lui qui donne la vie et qui la reprend. Jamais je ne me ferai vacciner…Il faut croire en Dieu et non pas à la mort » serine-t-il, plus fataliste que les autres. Les nombreux décès annoncés quotidiennement et la saturation des hôpitaux, ces jeunes n’y portent aucun crédit. Et apparemment, ils n’ont pas conscience de la dangerosité de la maladie.
La troisième vague n’a provoqué aucun déclic en eux. Il suffit de se promener dans les ruelles des quartiers de banlieue pour comporter le comportement désinvolte des gens. A l’angle d’une rue, une dame d’un certain âge qui tient une gargote ne s’embarrasse pas du port du masque qu’elle a au menton. Autour d’elle, aucun de ses clients n’en porte. Le virus ne semble pas non plus être leur préoccupation.
D’ailleurs, certains vous disent qu’avec le prix du masque, ils peuvent se payer une clope et une tasse de café. Difficile de leur faire entendre raison… Non loin de là, le gérant d’une boutique avoue que le port du masque n’est pas dans les habitudes de ses clients. Les rares qui s’en procurent doivent prendre les bus de Dakar Dem Dik où l’obligation est faite à tous voyageurs d’en porter. Et les récalcitrants priés avec courtoisie mais fermement de descendre des bus de la société publique.
Appel pour des mesures de restrictions
Ibou Diagne, un des voyageurs de ces bus, milite pour des mesures de restrictions et aussi que les autorités aillent vers les populations pour les vacciner. « Même si ça va être difficile, il nous faut ces mesures de restriction pour limiter les dégâts. Il faut aussi déployer des équipes chargées de la vaccination au niveau des quartiers en allant de maison à maison comme cela se fait avec la vaccination contre la poliomyélite. Si on continue de se limiter à des discours, ça pourrait être fatal pour le pays. Déjà, des spécialistes prédisent l’arrivée d’une quatrième vague. Je me suis déjà vacciné. Je continue de respecter les mesures barrières », confie le jeune mécanicien Ibou Diagne qui avoue avoir décidé de ne voyager qu’avec les bus de la société Dakar Dem Dikk.
A l’intérieur d’un bus de celle-ci, jusqu’à Colobane, le receveur a tenu à appliquer les règles édictées par la société de transport tout en limitant le nombre de passagers, n’hésitant pas à demander à des clients de descendre pour ne pas dépasser nombre de places autorisé en cette période de pandémie. Dans ce quartier se Dakar qui accueille un grand marché, le port du masque ne semble pas être dans les habitudes de ceux qui le fréquentent.
D’ailleurs, partout dans les rues, si certains ne l’ont pas au menton, ils l’ont accroché au poignet. Rares sont d’ailleurs ceux d’entre les passants qui portent des masques. Dans les cars rapides aussi bien que dans certains lieux de commerce , on fait comme si le pays ne subissait pas les assauts meurtriers d’une troisième vague de coronavirus. Rien à travers les attitudes des populations ne montre une quelconque conscience du danger.
Des rassemblements partout, surtout autour des gargotières qui ne se préoccupent elles-mêmes ni des mesures barrières ni des règles d’hygiène. Et tard dans la nuit, le même phénomène est constaté dans presque tous les quartiers populaires de la capitale où règne une grande promiscuité. Dans ces conditions de défiance, pas étonnant que la troisième vague poursuive sa course macabre.
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Le Témoin
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